Pendant près d’un quart d’heure au Parlement hier soir, Steve Obeegadoo a fait un réquisitoire contre « l’amalgame dangereux et malsain » de la relation entre la politique et la religion. Il est impératif, selon le député du MMM, de dissocier les deux et il a lancé un appel pressant aux parlementaires des deux bords, en particulier au Premier ministre, pour considérer sérieusement la question d’un État séculier en suggérant que cela pourrait être l’objet d’un Select Committee. Navin Ramgoolam lui a répondu qu’il n’est pas contre l’idée d’un « full debate » par le biais d’une motion privée.
Au début de son discours, Steve Obeegadoo a reconnu qu’il s’attaque à un sujet dit « sensible » mais qu’il est temps selon lui d’ouvrir le débat en soulignant que sa prise de position « n’est pas partisane ». Le député mauve a fait état des pressions qu’exercent souvent les organisations socioculturelles et socioreligieuses sur les politiciens, et surtout à l’approche des élections. Il a évoqué aussi les différentes demandes, parfois excessives, de ces organisations et auxquelles des politiciens cèdent parfois. Ce qui lui fait dire que cet « amalgame est dangereux et malsain ». « De telles pratiques sont dépassées, contre-productives et dangereuses pour la société. They are not in line with our democratic and modern society », a dit le député mauve, qui soutient qu’il est temps que les politiciens « changent leur manière de faire de la politique ». « We could try and change our practice what we do as politician. Je lance un appel à tous indistinctement et particulièrement au gouvernement et au Premier ministre : allons relever ce défi de séparer la politique de la religion », a plaidé Steve Obeegadoo en proposant l’idée d’un Select Committee au chef du gouvernement pour voir de quelle manière, dit-il, on peut inscrire les principes d’un État séculier dans le tissus démocratique et dans la législation du pays.
Le Premier ministre, qui a écouté attentivement le député du MMM, est d’accord sur le fait que la religion doit être une affaire personnelle et privée. Cependant, le chef du gouvernement est assez prudent concernant sa requête. « It is a complex issue », a-t-il dit. Alors que l’on reproche souvent aux politiciens de tenir des discours politiques lors de fêtes religieuses, par exemple, il peut arriver, dit-il, que des hommes religieux introduisent subtilement des propos à caractère politique dans leurs discours. Navin Ramgoolam reste cependant ouvert à un éventuel débat : « I agree that we should have a full debate may be through a private motion in order to give the opportunity to everybody to express their views. We look forward for a debate. »
Dans l’ensemble les parlementaires ont écouté avec attention hier soir le discours de Steve Obeegadoo. Des signes d’agacement et de désaccord étaient néanmoins perceptibles du côté des ministres Anil Bachoo et Hervé Aimée.