L’ÉCOLE DE LA RUE

Chaque mois, en moyenne, la route enlève la vie à une quinzaine d’usagers. En extrapolant ce chiffre du premier semestre 2017, cette année risque de nous quitter avec un bilan de 172 morts ! Peut-on encore éviter au pays de battre ou, à défaut, d’égaler son triste record de 2008 où le nombre de tués s’élevait à 162 ?
Parce qu’ils entraînent souvent blessures, mortalités ou invalidités, les accidents de la route sont, avant tout, un phénomène de santé publique. Il n’est pas incohérent que l’OMS s’émeuve de leur recrudescence en attirant régulièrement l’attention des pays sur la nécessité d’engager les moyens de les prévenir.
Un pays, ayant pour première richesse, sa population, ses dirigeants, doit tout mettre en œuvre pour en préserver la santé et garantir la sécurité. Pour une entreprise, qui a le devoir d’assurer que ses collaborateurs donnent le meilleur d’eux-mêmes, il ne faudrait pas que la quête de performance soit une source de danger pour ces derniers et leur environnement.
Pour le commun des usagers, l’infraction routière est un délit passible de sanctions. Pour un salarié, elle est une faute professionnelle également répréhensible et punissable. Mais comme il est souvent plus facile de sanctionner que de montrer la voie, l’investissement dans la prévention routière n’est pas toujours une priorité dans le milieu du travail.
L’accident de la route est, sans doute, la première cause de mortalité au travail. Sur le trajet entre le domicile et le lieu du travail (et retour) ou au cours d’une mission professionnelle. En tant que distributeur d’hydrocarbures, nous savons à quel point il est primordial de sécuriser nos sites d’opération. Tant pour la santé et la sécurité de nos collaborateurs que pour celles des personnes et des environnements sur lesquels notre exploitation est susceptible d’avoir un impact.
La route n’y fait pas exception. Chaque année, les camions de livraison de carburants de Vivo Energy Mauritius cumulent un parcours de deux millions de kilomètres. Soit deux cents fois la distance à vol d’oiseau entre Port-Louis et Paris. À la différence que, sur la terre ferme, les conditions de circulation sont beaucoup plus hostiles.
Espace commun que nos chauffeurs partagent dans leur métier au quotidien, nous savons à quel point la route est un environnement difficile à comprendre et maîtriser. La politique de formation que nous développons au bénéfice de nos chauffeurs n’aura aucun impact durable si cette volonté ne s’accompagne d’une participation aux efforts d’éducation au bénéfice de l’ensemble des usagers de la route.
 C’est ainsi que, depuis 2013, Cité Zen fait son chemin parmi une audience qui ignore encore que la route est loin d’être un lieu anodin : ces tout-petits (bouts de chou, comme nous adultes aimons à les appeler) qui empruntent la voie publique plus souvent seuls qu’à nos côtés. Le succès des actions régulières, en collaboration avec le ministère de l’Éducation et des Ressources humaines, nous révèle, d’année en année, combien il est possible de toucher nos enfants et nos jeunes à des valeurs comportementales.
C’est à travers l’éducation, qui participe à la construction de son identité en tant qu’être humain, que l’enfant doit prendre la mesure de son statut d’acteur – et non d’agent – de son développement. C’est donc à l’école – mais aussi à la maison – qu’il apprendra et comprendra que la route nous interpelle davantage sur notre façon d’être que sur nos capacités d’avoir la priorité sur l’autre. Partant de ce postulat, la rue, tout à coup, devient un terrain d’apprentissage. Une école.
Vivo Energy Mauritius, à travers Cité Zen, est particulièrement attentive à cette cible parce que celle-ci constitue un groupe d’âge où l’orgueil et l’estime de soi commencent à se mettre en place, d’où une plus grande potentialité à changer. « J’apprends et j’agis pour moi, mais aussi pour montrer et donner l’exemple ». Remarquez que lorsqu’un adulte apprend d’un enfant, il se sent plus investi pour agir en conséquence.
Cité Zen mise sur la valorisation des comportements sécuritaires auprès des enfants en milieu scolaire en s’appuyant sur des valeurs telles que la créativité, la méritocratie et la reconnaissance. L’expérience nous a montré que, sans incitations, nous ne pouvons aller trop loin : l’enfant participatif, créatif, coopératif se reconnaît mieux. Et plus. Voire plus durablement.
Seuls l’apaisement et l’ajustement de nos comportements individuels face aux hostilités routières intrinsèques (infrastructures insuffisantes et inadaptées, forte densité automobile) peuvent entraîner à terme une inflexion dans la courbe de mortalité routière. La rue est une école. Nos enfants nous le rappellent chaque jour. Soyons-y attentifs.