Autour de la fête de Noël, l’enfant est roi. Si l’on n’a pas autour de soi un enfant à chérir et à rendre heureux, Noël manque de son éclat et de sa raison d’être.
Noël : c’est aussi pour chacun d’entre nous, une incursion dans le monde de nos propres souvenirs. À chacun son histoire: pour certains l’enfance est dès le départ une route tracée pour des progrès et un bon épanouissement, alors que pour d’autres, cela constituera un chemin avec de multiples obstacles à franchir pour essayer de se faire une place au soleil et de se forger un avenir positif.
Tout enfant qui vient au monde est déjà habité d’un premier amour : celui de sa maman d’abord, de qui il attend tout, et par la suite, de son papa qui lui a transmis non seulement la moitié de son hérédité, mais aussi son sexe, que seul le père peut transmettre (bien que ce soit tout à fait indépendamment de son choix et de sa volonté). Tout enfant est avant tout héritier de ce que le couple papa/maman lui a transmis.
Les avancées modernes en psychologie et en médecine sont venues souligner que, dès ses premiers mois de vie dans le sein maternel, l’enfant vit déjà en symbiose avec ce que vit sa maman. Il se sait accueilli ou pris pour un gêneur. Sa mémoire capte déjà les émotions positives ou négatives le concernant. Ce premier amour de l’enfant cherche en retour un plein d’affection de la part de parents désireux de comprendre ses besoins et connaissant les étapes des progrès qu’il doit pouvoir faire.
Savoir et vouloir accueillir ce besoin d’aimer de l’enfant est pour lui un cadeau vital: il a besoin d’une maman et d’un papa désireux de prendre le temps de l’aimer et de savoir comment l’aimer au mieux de leurs possibilités.
Il a besoin de parents qui ont fait l’effort de s’informer sur les étapes des développements à venir afin d’éviter des erreurs de parcours qui ternissent l’immense amour que l’enfant porte à ses parents.
Il a besoin d’une maman qui permet et apprend au papa à développer son amour paternel et à le garder proche de sa famille.
Il a besoin que ses parents travaillent à souder de plus en plus leur amour conjugal afin d’éviter conflits et ruptures.
Il s’agit de protéger ce premier amour que vit leur enfant afin de l’ouvrir positivement aux autres amours qu’il est appelé à vivre.
Trop de blessures à ce premier amour vont être des sources de problèmes à venir : repli sur soi, retards dans le développement, recours à la violence. Il est difficile d’enlever de ses souvenirs les coeurs blessés dans ce premier amour.
Que se passe-t-il donc dans nos familles mauriciennes pour que tant de garçons et d’hommes soient  en butte dès l’adolescence à des problèmes de société qui les enferment dans une spirale de désordre et de violence qui les blesse aussi profondément?
Il est nécessaire de constater que la dégradation du tissu social est plus fréquente chez les garçons que chez les filles : il y a 9 prisons pour hommes et 1 prison pour femmes dans la République de Maurice.
Gare à l’enfant roi et à l’adolescent sans repères dans notre société où ceux qui mettent en exergue les valeurs morales sont souvent taxés d’hypocrites et de passéistes !
Quelle place dans leur vie d’enfant aux pratiques religieuses qui leur apprennent qu’ils sont aimés d’un Dieu qui est essentiellement Amour, qu’ils sont capables de faire la distinction entre le bien et le mal.
Que ce temps de choix qu’est Noël nous aide à mieux voir clair dans la qualité des relations qui nous relient aux enfants qui nous entourent ! Il n’y a pas que les cadeaux que l’on donne, il y a aussi ce souci de ne pas blesser inconsciemment la qualité d’amour que reçoit l’enfant amoureux de ses parents, car c’est de ce vécu qu’il va prendre son envol vers les autres amours de sa vie.