A L’ILE MAURICE : L’éducation entrepreneuriale pour lutter contre le chômage des jeunes

Dans le sillage de la mondialisation, certaines tendances qui menacent la main-d’oeuvre de demain ont émergé. L’une d’elles ressenties dans la région africaine – et on peut avancer que l’île Maurice n’a pas la chance d’éviter ce problème africain – est le chômage des jeunes.
Après mon enrichissante formation au « Mandela Washington Fellowship » à l’Université de Yale, et après avoir été exposée au système éducatif américain, une vérité flagrante s’est imposée à moi lorsque je me suis rendu compte de la raison pour laquelle tous les «Steve Jobs» et «Mark Zukerberg » viennent des Etats- Unis : il s’agit de leur système d’éducation.
Le système éducatif américain encourage le jeune adolescent à commencer par penser « innovant, différent, grand, hors de la boîte » dès son plus jeune âge et l’incite même – en lui fournissant des ressources, du mentorat et le réseautage – à être en mesure de pérenniser leurs efforts de vouloir travailler sur des projets qui pourraient peut-être remédier aux problèmes de ce monde. Un exemple type : un groupe d’étudiants de 19 ans de l’Université de Yale travaillant sur la construction d’un meilleur support médical pour les bébés nés à un âge prématuré dans un hôpital du Rwanda.
Lorsque nous examinons effectivement la crise du chômage des jeunes et l’inadéquation des compétences enseignées dans les écoles à l’île Maurice, nous parvenons à cette vérité choquante que les solutions se trouvaient juste sous notre nez tout ce temps et auxquelles la plupart des autorités ont fermé les yeux. Il est question tout simplement d’intégrer l’éducation à l’entrepreneuriat dans notre système d’éducation nationale.
Octroyer des avantages fi nanciers, du mentorat et des prix à un entrepreneur qui a tout risqué pour être unique lui apportera certainement un soutien pendant un certain temps. Cependant, ce faisant, nous sommes en train de nous attaquer aux symptômes du chômage des jeunes plutôt qu’à ses causes profondes.
La formation à l’entrepreneuriat, si appliquée à un stade précoce, peut être un outil qui peut armer les jeunes non seulement à créer des entreprises et générer par là même des emplois, mais aussi à se positionner sur les opportunités, sur les employés flexibles prêts à remplir les emplois existants. Elle offre aux jeunes la possibilité de penser comme des entrepreneurs et d’agir comme des propriétaires d’entreprises, la capacité à résoudre des problèmes et la possibilité de s’adapter, et d’être autonome dans des situations peu claires. Ce sont ces types de compétences essentielles et de talents réels que les employeurs recherchent.
Ce type de cursus éliminerait également une mentalité chez la majorité des jeunes chercheurs d’emploi qui pensent que les employeurs leur ‘doivent’ un emploi… Le chômage des jeunes ne peut être résolu par les gouvernements et les experts seulement. Nous sommes convaincus qu’en donnant à la jeunesse « une voix », la jeune génération peut sortir d’un état de victimes potentielles du chômage pour se transformer en agents actifs qui offrent des solutions, prônent des actions et inspirent un changement réel.