De nombreuses maisons, ex-CHA, à la cité Richelieu menacent de s’effondrer sur leurs occupants à n’importe quel moment. Il n’y a pas que les toits qui risquent de s’écrouler, mais l’ensemble des structures. Construites dans l’urgence il y a trois décennies pour reloger des victimes du cyclone Claudette, ces maisons peu solides ne sont plus en état d’abriter des familles. “Nous habitons là depuis 28 ans. Trois ans après notre installation, le plafond a commencé à craquer”, explique le propriétaire d’une maison. Et s’il a pu faire quelques travaux pour atténuer les dégâts dans certaines pièces, dans d’autres, le béton est en train de céder. “Enn bann lakaz pena kolonn sa. Akoz sa mem zot pe kase koumsa”, disent les familles rencontrées. Pourtant, malgré la dégradation de ces logements sociaux, leurs occupants ont continué à y habiter. “Nous n’avons pas d’autre lieu où aller. Ici, c’est chez nous”, insiste Carmen Louis, 60 ans. Murs fissurés, fentes importantes, plafonds délabrés… ces maisons représentent un véritable danger  pour les familles. “Lot fwa la beton inn tom lo latet mo mama”, raconte Thérèse Joseph, 51 ans. Certaines familles ont annexé des pièces en tôle à leur maison. Chez Santa Boykunt, elle a accroché une bâche au plafond de sa cuisine  et d’une chambre à coucher pour éviter que sa maison ne soit inondée les jours de pluie. “Quand il pleut à l’extérieur, il pleut aussi à l’intérieur de ces maisons”, ironise Thérèse Joseph. Plusieurs maisons visitées sont non seulement en mauvais état, mais également insalubres! Selon les propriétaires rencontrés, ils ont souvent sollicité l’aide des autorités : députés, ministère du Logement… Mais en vain. “Ceux qui avaient le moyen ont consolidé leur maison. Mais, nous, nous sommes démunies devant cette situation”, expliquent des femmes qui sont à la tête de leur famille.