La galopante frustration

La pub redouble de charmes pour chiper votre bonus. Elle vante les mérites de choses censées nous rendre heureux. Des babioles “hors du commun” commercial, taillées dans un “design intelligent” pour vous pomper votre fric. Les consommateurs sont pris pour des cons ! Pendant ce temps, la liste des cadavres s’allonge sur nos routes. Et je vous épargne les transes synthétiques d’une jeunesse défoncée.
Les autorités concernées dénombrent les homicides involontaires du bitume. “Roule mem sa, mam ! Si zot respekte limit, pa pou ena okenn aksidan. Li sinp sa !” C’est comme conseiller une activité physique régulière pour une bonne santé… juste après une pub de poulet surgras.
Ça n’exonère pas la réclame de sa responsabilité. Les pubs alcoolisées sont interdites, mais des boutiques et autres débits sont repeints aux couleurs des liqueurs. C’est du sponsoring ? Et des boîtes pour jeunes jurent exclusivité aux revendeurs pour faire baisser le prix des commandes.
Autre astuce : organiser des “dégustations”. Une jolie demoiselle vous propose une nouvelle boisson, dans un supermarché ou ailleurs. On peut aimer ou juger la boisson merdique… Sauf que mine de rien, la pub est faite sournoisement. Le but est de doper sinon “énergiser” les ventes. Une affaire de chiffre à faire.
On vante les bienfaits du manger bio. Argument marketing pour vivre mieux… ou aveu que le “non bio” est une alimentation dégueu ? Une mangeaille à refiler aux gueux qui ne rechignent pas à bouffer chimique à bas prix ? Un yaourt brassé aux agents de saveur synthétique coûte moins qu’un autre avec de vrais fruits dedans ! Est-ce une indication que la bouffe “normale” est gonflée aux produits de synthèse et aux antibio ?
Les laboratoires pharmaceutiques se frottent les mains. Imaginez les malades après dix ans passées à ingurgiter des cochonneries ? Être écolo est aujourd’hui mari tendance. Faut bien que la prise de conscience se fasse. Vivement que nos amis militants écolos fassent un truc concret contre la pollution du manger ! Ça nous changera du romantisme idéaliste d’air pur et d’herbe fraîche, collée aux jeans après une roulade dans les buissons.
Avons-nous une alternative aux véreux notables qui, de père en fils, spolient le pays et polluent la pensée. L’incompétence et la corruption ont encore de beaux jours. C’est comme essayer d’enjamber la barrière communale… Dans l’esprit des dealers politiques… oups un slip of the pen. Je voulais écrire “leaders politiques.” Car aucun dealer ne traîne dans les institutions, n’est-ce pas ?
Et si Petit Prince exécutait “la sentence” pour se prouver impitoyable envers de mafieux narco-financiers ; ce serait un bon plan pour lustrer sa piètre image, non ? Ça ne m’étonnera pas si ladite “sentence” est brandie comme argument de campagne aux prochaines législatives, pour compenser un manque d’idées nouvelles et de visions.
On pourrait éventuellement faire de ces élections une sorte de référendum. Comme jadis pour l’indépendance. Ça permettrait de défaire une image de seigneur des agneaux sans berger. Et ça détournerait les regards des frasques commis… Un projet de société ne serait pas mal, chers camarades politiciens ! Un truc frais et non pas une idée recyclée, périmée depuis 1970, servie dans un emballage “renouveau” pour séduire les jeunes dégouttés-indécis et une majorité ménagère silencieuse.
Il existe comme une frustration galopante. La société de consommation pousse à désirer toujours plus. À consommer encore plus, donc à dépenser sans penser. La pub nous souffle que pour vivre heureux, posséder une voiture, un appart’ sinon le portable dernier cri est capital. Et si l’on n’a pas les moyens, on peut toujours s’endetter à mort et vivre à crédit pour se donner la sensation de vivre pleinement. Mais qui se soucie de cela au fond ?
Le festival folklorique reprend ses droits ; les fans paradent drapés aux couleurs de leur parti pris. Votera-t-on pour un projet de société, un programme et des propositions ou pour exprimer une frustration et temporairement se soulager. Program-la kote kamarad ?