En attendant la sortie de son livre, Histoire et cuisine traditionnelle des pêcheurs et chasseurs de la Grande Rivière Noire (1930-1970), plongeons dans la marmite d’un chef mitonné de simplicité, qui nous livre les recettes d’une cuisine aux saveurs authentiques d’antan. Noël Chelvan remet au goût du jour ce qu’il appelle la vraie tradition culinaire de l’ouest, transmise par les gran dimounn depuis plusieurs générations.
C’est dans sa demeure à Palma, Quatre-Bornes, que Scope rencontre Noël Chelvan. Un chef cuisinier atypique qui revendique un retour aux racines, au temps où la simplicité d’un logis en tôle forgeait la personnalité de ses occupants. Une époque également où l’esprit de partage et d’entraide était les ingrédients du bonheur. “Comme je suis nostalgique de ce temps, j’ai construit une cuisine en tôle qui jouxte l’arrière de ma maison en béton.” C’est plutôt un véritable musée letan lontan, où l’authentique cuisine traditionnelle renaît de ses cendres.
Dans ce sanctuaire rustique et comme figé dans le temps, se côtoient à la fois tonneaux, réchauds et vieux journaux jaunis. Une ardoise où la recette d’un kari ourit papay ver écrite à la craie blanche titille l’imagination fait partie du décor, ainsi que toute une panoplie de souvenirs d’un passé révolu. Balance à l’ancienne, seau à charbon, pots avec des aliments confits, carafes, paniers. Des épices disposées ici et là ajoutent au caractère unique de cette pièce. Dans un autre coin, des nids de guêpe et d’oiseaux se fondent dans l’espace, ainsi que des éléments de la mer, avec des coquillages, des graines de filaos ou encore des casiers de pêche.