En marge de sa première rencontre avec les membres du corps diplomatique, hier après-midi à la Newton Tower, le ministre des Affaires étrangères a enfourché son cheval de bataille pour lancer un avertissement à ses détracteurs. « Je ne laisserai personne jouer avec ma réputation, quel que soit son niveau hiérarchique », a insisté Vishnu Lutchmeenaraidoo.
Le ministre des affaires étrangères avait d’abord réagi vivement à une question de la presse concernant sa possibilité de se rendre à l’étranger. « Je peux quitter le pays n’importe quand. Je peux partir demain si je le voulais », a-t-il lancé avant d’enchaîner sur le fait que sa retraite de silence est terminée. Se présentant comme un fearless warrior, Vishnu Lutchmeenaraidoo a fait comprendre qu’il ne permettra à personne de nuire à sa réputation. « I mean business », a-t-il affirmé en précisant qu’il l’a fait à la réunion des parlementaires de la majorité et par voie d’affidavit et qu’il le referait s’il le fallait.
« Je ne laisserai personne toucher à mon intégrité et à ma réputation », a-t-il martelé.
Pour lui, une personne qui vit dans la spiritualité ne peut se permettre de prendre des “bribes”. « Je ne suis pas une personne à prendre des “bribes”. Je n’ai pas de compte à l’étranger, y compris Hong Kong. J’ai demandé à Paul Bérenger qui s’est attaqué à moi lors d’une conférence de presse de révéler les informations dont il disposerait. Je l’ai aussi demandé à mon collègue Roshi Bhadain. S’il a des informations dans sa poche, qu’il les divulgue publiquement. Assez avec le bluff qui veut me faire passer pour un pourri alors que je suis le plus droit et le plus transparent », a-t-il dit en soulignant qu’il ne fait qu’assurer la transition. Interpellé concernant des dossiers qui seraient en sa possession, il a précisé qu’il n’a de dossier sur personne. « Si j’accuse, je le fais frontalement et si je défends ma réputation je le fais frontalement également. Cependant je ne laisserai personne toucher à ma réputation, quel que soit son niveau hiérarchique ». Répondant à d’autres questions, il a fait comprendre qu’en principe il en a fini avec l’ICAC. Concernant les Panama Papers, il a affirmé que si jamais quelqu’un a volé et caché son argent à l’étranger, il aura à rendre des comptes.
Tous les hauts-commissaires, ambassadeurs et représentants diplomatiques en poste à Maurice avaient répondu à l’invitation du ministre des Affaires étrangères hier. Ce dernier n’a pas fait de discours formel mais a expliqué que la porte de son bureau est ouverte à tous les ambassadeurs. Il est revenu sur la diplomatie économique, à laquelle il accorde beaucoup d’importance. Il s’est ensuite engagé dans un exercice consistant à présenter les principaux ambassadeurs basés localement à la presse en soulignant l’importance de la coopération entre le pays concerné et Maurice.