LA PESTE OCCIDENTALE ET L’ÉTRANGE SENTIMENT DU TIERS MONDE

L’Occident... Est-ce une culture, un lieu ou une collectivité de races et de langues? Non! L’Occident n’est rien de cela. Par son volume et l’indistinct de ses confins, la civilisation occidentale ne s’adonne pas à une culture semblable à celles des sociétés rustiques, ethnologues ou aux cultures communales des sociologues. L’Occident est l’aboutissement d’un incroyable éclatement de milliers de cultures, une organisation, une dynamique obscure avec une encombrante pesanteur causée par des vestiges et des décombres du passé.
L’Occident avait encore pour nom Europe qu’il se dirigeait vers sa dégénérescence précipitée. Il était déjà tout renfermé sur lui-même, ne souhaitant pas être dévié. Il y a de nombreux intérêts des pays occidentaux à dévaster la région du proche et moyen orient par fait de guerre et par la violence armée. Pour l’Israël, il s’agit de réaliser lentement le rêve du Grand Israël qui entraine la destruction des États nations de la région et leurs séparations d’entités en minorité sur des lignes de clivage religieuse capables d’engendrer des tensions indispensables à l’affaissement perpétuel de leurs adversaires potentiels. Pour l’Arabie saoudite, il s’agit de détruire des régimes civiques indépendants de son autorité et d’interdire la montée en puissance des Chiites sous la mainmise iranienne tout en dictant sa vision moyenâgeuse de l’islam aux peuples musulmans, quand bien même que ses bourgeois sont entièrement occidentalisés, vils et corrompus par les valeurs négociantes du capitalisme consumériste occidental.          

Il a jusqu’à présent réussi à voiler le fait qu’il s’alimente non seulement du sang du labeur, mais aussi des larmes et de la sueur de ceux d’ailleurs. Cette partie du monde ne cesse de changer d’ennemis, menaçants et redoutables, cultivant ainsi l’assujettissement, l’avilissement, la misère ainsi que la souffrance de ses propres enfants. Pour combien de temps encore allons-nous subir ?      
L’occidentalisation n’est, d’une certaine façon, que l’accoutrement culturel de l’industrialisation, mais l’occidentalisation du tiers monde n’est autre qu’une déculturation, autrement dit, une destruction profonde des structures économiques, sociales et mentales traditionnelles. L’Occident, s’évertuant à compenser les tourments terribles dont il est lui-même coupable face au reste du monde, souligne ses “bienfaits” presqu’angoissants.

L’appartenance des pays de l’Est à l’Occident est à la fois indiscutable et hypothétique. La Russie a particulièrement toujours eu une situation à part. Elle est retenue à la trajectoire occidentale par son pôle orthodoxe de Byzance et s’est conservée dans une position apparente. Des efforts ressassés ont essayé son occidentalisation par la violence, sous Ivan IV Vassiliévitch, Pierre 1er le Grand, et jusqu’à Joseph Stalin. Le processus de latinisation comme réellement au XVe siècle, que de nos jours, on nomme mondialisation : la naissance de l’Europe contemporaine par le biais de sa science, sa technique et sa collecte de connaissance lui parvient d’aller à la conquête du monde avec ses grands navigateurs.
L’occidentalisation commence véritablement quand Christophe Colomb découvre, en 1492, ce qu’il croyait être les Indes, l’Amérique. L’Europe se projettera d’ailleurs dans la victoire de l’Amérique du Sud au XVIe siècle, ensuite elle s’appropriera de l’Asie en attaquant la Chine à coups de canon au milieu du XIXe siècle. Elle découvrira à la fin du XIXe siècle l’Afrique, ce continent dans ce cas, très peu connu. Depuis les années 1980 et 1991, nous voyons une nouvelle accélération du processus de mondialisation. Cependant, en Afrique, on a une marge de processus, des combinaisons s’exécutent avec la culture locale et la modernité occidentale.
L’Occident, dont il est ici question, comprend des pays bien différents. Ces différences d’ailleurs renvoient aux diverses civilisations occultées par l’Occident, qui s’obstinent à dévoiler certaines spécificités qui les rendent au final communes. Le monde sera constamment un lieu lamentable accueillant un tas d’immondice et de malheurs aussi longtemps qu’il n’aura pas pointé du doigt certaines présences nauséabondes et malfaisantes.
J’ai beaucoup de mal à me faire à l’idée qu’il puisse exister des individus qui se disent être des humains, exigeant qu’on les traite comme tels, même s’ils savent au fond d’eux qu’ils ne le sont pas vraiment. Ils démontrent notamment une horrible cruauté à l’égard des enfants. Je souffre d’ailleurs de ne pouvoir aider et protéger ces derniers face à la violence ou à la guerre qui sévit depuis longtemps. Plus de 650 enfants ont été tués l’année dernière en Syrie, selon un rapport de l’Unicef. Parmi eux, environ 33% étaient dans ou à proximité d’une école, indiquant ainsi qu’ils ont été complètement broyés. Des millions d’enfants, un peu partout dans le monde, sont souvent, voire en permanence, humiliés, exploités, suppliciés, torturés, violés et tués, pour l’intérêt et la volupté de décérébrés mentaux, des hommes singulièrement repoussants et vils, produits de l’occidentalisation.
La peste occidentale ne vient pas forcément de l’Occident lui-même, mais participe à son évolution. Elle se répand rapidement dans le monde et menace, comme elle ne l’avait jamais fait jusqu’ici. Cette maladie infectieuse, qui avait commencé par voler et saccager le monde et, par la suite, à abattre les corps, à assujettir les esprits, à abuser des âmes, pense dorénavant à tout contrôler, à tout posséder, en commandant par l’extorsion et la guerre, les domaines dans lesquels son langage, son mode de vie et sa culture domineront. Pour s’en absoudre avec discrétion, elle évoque les incroyables bienfaits dont l’Humanité entière devrait lui être redevable, omettant évidemment de préciser que tout cela ne vient pas d’elle. Ces prétendus bienfaits masquent l’énigme que les civilisations pensaient être résolue. Ceci est une catastrophe !    
Avec la désoccidentalisation du monde, en l’admettant possible, cela produirait une attitude de tolérance, d’admiration et d’adhésion. Mais, étant donné la situation actuelle, il faut reconnaître que la désoccidentalisation n’engendrera aucunement un temps de paix, de justice et d’harmonie. Si elle survient avec le repli considérable de la barbarie, avec le bannissement des sauvages, de tous ceux qui veulent tout contrôler, tout posséder, tout dominer dans la société humaine, ce serait un miracle. En premier lieu, avec Rome, où, avec l’occidentalisation, des clans ont été formés de même que des sociétés, des évolutions injustes et barbares, qui ont pour volonté de tout conquérir, de tout posséder, de tout dominer, de tout rapporter à soi, sous sa seule autorité, sans la moindre déférence pour l’autre. Cette progression de latinisation, dont on nomme présentement mondialisation, ne cesse de s’éterniser, de se développer, pour le pire surtout. Le pouvoir politique, économique et militaire, que s’approprient l’Occident et l’américanisation, représente le degré extrême, le point culminant de l’occidentalisation. Ce pouvoir suscite une influence culturelle et idéologique que l’Occident conserve par la ruse de produits de grande consommation. Il suffirait que l’on commence à monologuer, je ne veux pas dire refuser d’apprendre les langues occidentales ou cesser d’utiliser les monnaies qui ont cours en Occident, mais de se souscrire de moins en moins aux différentes interprétations que les Occidentaux prônent, notamment du Christianisme. Tout l’Occident et ses grossièretés partiraient ainsi en fumée... Enfin, tout peut-être pas, mais certainement ses grossièretés.

NOTES
- L'échec de l'occidentalisation, Serge Latouche
- La décivilisation, politique et pratique de l'ethnocide, Robert Jaulin, Bruxelles, Éditions Complexe
- Syrie : les violences contre les enfants atteignent des records en 2016 - Texte du journal Le Figaro rédigé par Guillaume Descours