Les représentants de la Plateforme pour un nouveau MMM

La Plateforme pour un nouveau MMM a réagi jeudi, à l’exclusion des femmes au dîner organisé en l’honneur de la délégation saoudienne à Maurice. Ses animateurs sont d’avis que Showkutally Soodhun doit démissionner comme parlementaire. De même ils demandent au Premier ministre de présenter des excuses aux femmes. Concernant les grossesses précoces, la plateforme se demande quel est le protocole en vigueur dans les collèges dans ce genre de situation. La place des Femmes au MMM préoccupe également la plateforme.

Steve Obeegadoo, entouré de Vinay Sobrun et de Françoise Labelle entre autres, ont animé un point de presse mercredi, pour commenter l’actualité de ces derniers jours. Ils affirment qu’ils ne peuvent se taire devant des événements qualifiés de graves qui sont survenus. En premier lieu, le dîner en l’honneur de la délégation saoudienne, où la vice Premier ministre, Fazila Daureeawoo n’était pas présente, a été qualifié comme une « humiliation » envers les femmes. Selon Françoise Labelle : « Soodhun s’est permis d’agir contre la Constitution.» Raison pour laquelle elle réclame sa démission. « On dit que le Prince est venu apporter son aide au pays. Dans un tel cas, c’était à l’Etat de le recevoir de manière appropriée et non pas laisser cela entre les mains d’une organisation privée qui pratique la discrimination. »

Elle dit déplorer également que le pays ait une dame comme présidente de l’Assemblée et du Parliamentary Gender Caucus « qui ne voit pas que son propre parti pratique la discrimination de manière officielle ». Elle estime que le Premier ministre a le devoir de rassurer les femmes de ce pays sur leurs droits. Ainsi invite-t-elle ce dernier à « présenter des excuses aux femmes mauriciennes ».

Françoise Labelle a évoqué également le cas de la jeune Ruwaidah Ramjaun, décédée à l’âge de 13 ans, alors qu’elle était enceinte et mariée. Elle a fait ressortir que la grossesse précoce est une affaire à prendre au sérieux et qu’elle avait déjà soulevé la question au parlement en 2003. « Je constate que 15 ans après, rien n’a été fait pour protéger nos filles. » Elle s’est également interrogée sur le rôle de l’école dans cette affaire, rappelant que l’éducation est obligatoire jusqu’à 16 ans.

Françoise Labelle invite la ministre de l’Education, Leela Devi Dookun, à venir préciser quel est le protocole qui s’applique quand une élève tombe enceinte. « Je rencontre des jeunes filles dans cette situation qui me disent qu’elles ont quitté l’école parce qu’elles ne savaient pas qu’elles avaient le droit de continuer leurs études. Ou alors, les professeurs leur tournent le dos. La ministre doit dire clairement quel est le protocole. »

Françoise Labelle est également revenue sur la place de la femme au MMM, suivant les dernières élections du bureau politique et du comité central. « À un moment où le parti s’apprête à célébrer ses 50 ans, on constate qu’il n’y a qu’une femme dans les huit postes clés. En l’occurrence, Ariane Navarre-Marie, soit la même qui est là depuis des années. On constate qu’une personne comme Gaytree Dayal, élue parmi les dix premières du bureau politique, se retrouve sans responsabilités. Idem pour Danielle Selvon, seule femme parlementaire du parti. »

Steve Obeegadoo s’est, lui, appesanti sur l’éducation obligatoire jusqu’à l’âge de 16 ans. Il a rappelé qu’il avait lui-même apporté cet amendement quand il était ministre de l’Education. Il a fait ressortir que dans le cas de Ruwaidah Ramjaun, ce n’est pas une question de communauté, mais plus de parents démunis. Pour lui, l’école doit pouvoir encadrer les parents dans ce genre de situation. Il se demande ainsi ce qui est fait au niveau du ministère concerné, pour s’assurer que les enfants soient à l’école jusqu’à 16 ans.

Il a ajouté qu’il avait déjà élaboré un système pour faire le suivi et s’assurer que tous les enfants aillent à l’école. Mais tout a été abandonné.