Lors de sa session d’aujourd’hui à la Sal Travayer, au siège de la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP), à l’arrière du marché de Rose-Hill, le Parlement Populaire débattra du thème de la bonne gouvernance et de l’« accountability ». Deux personnalités interviendront, en l’occurrence Patrick Curé, ancien ambassadeur et Joseph Tsang Mang Kin, ancien ministre travailliste de la culture.
« Nous avons tous constaté que dans l’actualité la bonne gouvernance (voir encadré) s’est imposée comme une urgence », affirme la principale animatrice du Parlement Populaire, Catherine Boudet dans une déclaration au Mauricien pour justifier le thème de la bonne gouvernance et de l’« accountability » dans le cadre de la présente session du Parlement Populaire. Dans ce contexte, notre interlocutrice dit saluer cette initiative du gouvernement d’avoir institué un ministère de la Bonne gouvernance. « Malheureusement, cette notion de « bonne gouvernance » reste floue pour la plupart des Mauriciens car la bonne gouvernance dépasse de loin le cadre de la lutte contre la fraude et de la corruption ou du « netoyaz » », ajoute-t-elle. « Par ailleurs, nous constatons également qu’aujourd’hui la société civile se préoccupe énormément de la bonne gouvernance et surtout de la meilleure façon de rendre les personnes en autorité redevable (accountability) envers la population de leurs actions. Car effectivement, de plus en plus de Mauriciens expriment publiquement leur souhait de voir, des personnes en autorité (qu’elles soient publiques ou autre) leur rendre des comptes », poursuit-elle.
Le Parlement Populaire s’est également imposé ce thème de la bonne gouvernance et de l’« accountability », parce que cette instance de débats souhaite dégager une méthodologie pour pouvoir interpeller et demander des comptes à ceux à qui nous avons confié la gestion de nos affaires. « Nos politiciens, nos ministres et députés ainsi que nos conseillers municipaux ou ceux des villages doivent une fois pour toutes comprendre que dans une démocratie comme la nôtre, la population leur a confié, à travers des élections, la gestion de nos affaires publiques. Ils en sont les gestionnaires et non les propriétaires et que les vrais propriétaires c’est la population et que dans une démocratie qui se respecte, ils ont des comptes à rendre, en toute transparence, à la population », a élaboré Catherine Boudet.
Pour débattre du thème choisi, annonce notre interlocutrice, deux personnalités. D’abord, Patrice Curé, ancien ambassadeur de Maurice et directeur des Affaires multilatérales politiques pour le ministère des Affaires étrangères, représentant spécial du Premier ministre de Maurice de 2007 à 2012 auprès du Mécanisme Africain d’Évaluation par les Pairs (MAEP). Il abordera « les obstacles à la préparation du rapport de Maurice pour le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP) ».
Ensuite, Joseph Tsang Mang Kin, ancien ministre de la Culture, membre (nommé par les Chefs d’État de l’Union Africaine) du panel des Éminentes Personnalités du Mécanisme Africain d’Évaluation par les Pairs (MAEP). Il va élaborer sur « Le Mécanisme Africain d’Évaluation par les Pairs (MAEP) : son rôle dans la bonne gouvernance de Maurice ».
« Nous n’avons aucun doute que les interventions de ces deux experts du mécanisme d’évaluation de la gouvernance au niveau africain vont nous donner des pistes pour mieux élaborer une méthodologie pour interpeller nos décideurs sur les mesures qu’ils prennent en notre nom ! », explique Catherine Boudet.
En effet, poursuit la principale animatrice du Parlement Populaire, les interventions de Patrice Curé et de Joseph Tsang Mang Kin seront suivies d’une discussion-débat « dans l’esprit de la démocratie délibérative en vue de dégager les pistes de travail des participants au Parlement Populaire sur les questions de gouvernance et d’accountability des autorités envers les citoyens ».
Rappelons que le Parlement Populaire est une initiative citoyenne des syndicalistes Reeaz Chuttoo et Jane Ragoo (de la CTSP) qui a pour objectif de proposer un espace public de débat et de délibération sur les projets de loi et les thèmes qui concernent les citoyens mauriciens. Espace démocratique, ouvert à tous, sans distinction, dans un esprit de démocratie directe et délibérative, le Parlement Populaire a pour objectif d’être une force de proposition en matière de législations. Ainsi, les propositions qui se dégageront de la délibération à l’issue des débats sont transmises à la presse et à l’Assemblée Nationale.
« Nous invitons les Mauriciens à venir nombreux participer à cette démarche citoyenne qui se tiendra de 10h à 13 au siège de la CTSP, à l’arrière du marché de Rose-Hill », indique Catherine Boudet.