RODNEY ZÉPHIR

En 2008, Barack Obama s’est fait élire au poste suprême aux États-Unis et la majorité des analystes s’accordent à dire que l’apport des réseaux sociaux y était pour beaucoup. Dès lors, on peut remarquer que les stratèges politiques ont adopté les réseaux sociaux et autres technologies innovantes dans le but de toucher chaque aspect de la réflexion d’un électeur au moment de choisir son gouvernant.

Maurice n’est pas en reste, on ne peut facilement passer outre le « vire mam » de la campagne de 2014 où un montage vidéo était devenu tellement viral sur les réseaux sociaux qu’il avait largement convaincu les électeurs du besoin de changement. De plus, dans la campagne actuelle, nous avons pu constater que très vite Internet a été pris d’assaut par les campagnes respectives de tous bords politiques. Mais fait marquant de cette année, la campagne ne s’est pas limitée seulement aux montages vidéo. En effet, si plusieurs “gates” ont fait leur apparition sur le Net, il y a aussi eu d’autres stratégies plus ou moins subtiles auxquelles ont eu recours nos politiciens.

Décryptage

1. Les photos postées sur les réseaux sociaux montrant les politiciens dans leur intimité : ainsi, nous avons pu voir ces hommes politiques en compagnie de leurs épouses, de leur famille ou de leur animal de compagnie. Le but étant de toucher les sentiments de l’électeur en appelant à son sens humain.

2. Les “live”, qui consistent à enregistrer des vidéos instantanées pour faire passer un message : le but ici est de démontrer une proximité avec l’électeur en instaurant un climat informel. Comme une personne qui vous parle personnellement.

3. Les “ads” : les habitués du Net l’auront remarqué; des publicités de campagne ont fait leur apparition sur diverses plateformes. Le but derrière est d’occuper l’espace publicitaire afin de mieux influencer l’électeur en ne laissant aucun espace inoccupé.

4. Les pages dédiées aux candidats : le but étant de fidéliser l’électeur à son candidat et de marquer son esprit juste au cas où il oublie qui voter une fois dans l’isoloir.

Pour revenir aux “gates”, il y a aussi récemment eu des allégations de “deep fakes”, une vidéo issue d’un montage fait par des procédés informatiques sophistiqués, qui consistent à usurper l’image de personnes et de constituer une vidéo dans le but de tromper l’opinion publique. C’est un outil persuasif et dangereux, qui peut entraîner de lourdes conséquences quant à la réputation, et même au plan légal.

Comme nous le voyons, les campagnes électorales ont tendance à devenir sophistiquées. L’électeur moderne est plus présent de nos jours sur le Net que dans les meetings, qui n’ont cependant pas perdu de leurs ambiances festives et qui font le bonheur de bon nombre de personnes. Les politiciens ayant compris la leçon s’adaptent à cette réalité, preuve que la stratégie du caméléon est peut-être la seule qui résume tous les plans d’action des politiciens. A-t-elle finalement vraiment été efficace ? Nous le saurons le 8.