Une belle réserve naturelle enclavée au cœur de la chaîne de montagnes de Bambous entre Mahébourg et Vieux Grand Port et qui se la nomme la Vallée de Ferney. Un lieu culte qui renferme une flore et une faune variées en espèces endémiques et qui envoie un signal quant à la nécessité de protéger notre écosystème. Cette forêt fait partie des derniers sanctuaires naturels de Maurice et accueille par an environ 4 000 visiteurs.

Pour protéger la Vallée de Ferney, Ciel a mis en place un programme de conservation et de restauration en partenariat avec la Mauritian Wildlife Foundation et le gouvernement mauricien. « Fascinant » est l’adjectif qui revient sur les lèvres de ceux qui foulent pour la première fois la Vallée de Ferney.

Et pour les plus téméraires, le circuit de la randonnée pédestre de 3 km pendant plus d’une heure est une expérience pédagogique à ne pas rater. Ils y verront alors le bois d’ébène, le Bois de pomme, le takamaka, le coq des bois, le vol du pigeon des mares et celles des crécerelles. Toute la magie se tient dans cette vallée verdoyante qui renferme une riche biodiversité avec des cascades d’eau ruisselantes.

Il y a aussi la découverte de trois plantes endémiques rares dont le Pandanus macrostigma, Pandanus iceryi et l’ Eugenia bojeri. Selon le Dr. Vikash Tatayah, Conservation Director de la Mauritian Wildlife Foundation, on a cru que ces trois espèces avaient disparu pendant plus d’une centaine d’années et la découverte a été faite lors de l’étude sur le tracé en 2003.

La Vallée de Ferney compte trois circuits, dont celui du Bushwalker qui conduit au sommet de la montagne où la forêt est restée intacte. Deux autres sentiers mènent vers d’autres lieux encore plus poétiques et qui sonnent comme un chant de la nature à l’âme. La vue y est à couper le souffle sur plus de 200 hectares de forêt, plus d’une centaine espèces de plantes endémiques et plus de 200 espèces indigènes. Les plus chanceux peuvent apercevoir des singes, des cerfs, l’envol des crécerelles dans un ballet des plus acrobatiques. Un autre attrait de la Vallée de Ferney repose sur sa pépinière, dédiée à la conservation des plantes.

Et le public peut même acheter certaines plantes endémiques de Maurice, l’argent récolté étant réinvesti dans la conservation. Le but de la pépinière est d’essayer de sauver les espèces qui subsistent encore tout en restaurant la forêt.

La vallée renferme une riche biodiversité

L’activité proposée par les promoteurs pour le programme de reforestation de la vallée comprend aussi le lâcher d’oiseaux comme la crécerelle, le pigeon des mares, la grosse cateau verte, le merle cuisinier et coq des bois. Selon le Dr Vikash Tatayah, le travail de maintien de 54 paires de crécerelles est en cours dans les montagnes de Bambous dont plus d’une quinzaine à Ferney. « Les crécerelles sont les plus productives. On en compte une vingtaine de paires dans la Vallée de Ferney. Ce sont des rapaces qui se nourrissent principalement de geckos verts, de rongeurs, de passereaux et il y a un guide qui les entraîne à prendre une nourriture supplémentaire provenant d’un élevage de petites souris de Maurice ou importés. »

UNDP GEF Small Grants Programs : Plus de diversité

Selon Vikash Tatayah, grâce au projet de la UNDP, GEF Small Grants Programs, il y a eu un peu plus de diversité. La Vallée de Ferney a repris son port majestueux. Et, il y a eu pour cela tout un travail comprenant la gestion de la forêt, la mise en terre des plantes et le relâcher d’oiseaux comme la crécerelle, la cateau verte, le pigeon des mares, le coq des bois, le merle cuisinier. « Il y a eu des études de faisabilité.

Et ces espèces disparues d’oiseaux, on peut les trouver aujourd’hui dans la Vallée. Il en est de même pour les plantes rares comme le tambalacoque ou le bois perroquet, entre autres… Notre credo est d’optimiser la Vallée de Ferney en une “Mauritian biodiversity conservation and awareness hotspot”. » L’autre fait important à souligner est que la UNDP, GEF Small Grants Programs a permis la formation d’une douzaine de laboureurs travaillant à la fois dans la forêt et la pépinière en vue de devenir des guides formés.

Dans un autre ordre d’idées, Vikash Tatayah rappelle que la MWF avait donné son accord en 2006 pour qu’il y ait la mise en place des trails, et que soient disponibles des guides touristiques et des employés formés pour la protection de la conservation. « Quand la vallée a été ouverte au public, en 2006, avait été mis en place la Vallée de Ferney Trust. Et la MFW a même signé un accord de MOU avec le Trust en 2014 pour poursuivre le travail de conservation. Il y a aussi des dons financiers de la UNDP GEF SGP d’octobre 2013 à octobre 2017. La GEF SGP a offert un fonds de USD 150 000 et le coût global du projet était de l’ordre de USD 600 000.

Le financement de la UNDP GEF SGP terminé, il a fallu trouver d’autres fonds. Vikash Tatayah relate qu’ils ont alors approché le Critical Ecosystem Partnership Fund, source de finance régionale pour la région malgache afin de continuer à relâcher des oiseaux. Le Chester Zoo d’Angleterre a permis la réintroduction des grosses cateaux vertes, des pigeons des mares et le marquage des signes. Il y a eu aussi la contribution de la HSBC et de Ciel pour la restauration de la forêt et la conservation des plantes.

À noter que 7 750 élèves et enseignants des établissements scolaires ont fait une randonnée à la Vallée de Ferney entre les mois d’octobre 2014 à octobre 2017.
Samedi, la Vallée de Ferney Conservation Trust en collaboration avec la Mauritian Wildlife Foundation, le GEF Small Grants Programme implémenté par la UNDP et le National Parks and Conservation Services a procédé à l’inauguration du marquage des signes soient des panneaux informatifs sur les projets de conservation sur le relâche d’oiseaux et de la conservation de la flore et faune endémique en présence de Yoko Watanabe (voir encadré), Global Manager GEF Small Grants Programme.


Chauve-souris: Haro à l’abattage

La sonnette d’alarme est une nouvelle fois tirée en ce qui concerne les chauves-souris. Car selon le Dr Tatayah, il est possible que cette année que le pays s’embarque à nouveau dans un programme d’abattage de ces mammifères. « On avait connu une trêve en 2017, mais en 2018, la question est revenue sur le tapis. Et selon une étude faite par le gouvernement, il y aurait entre 58 000 et 65 000 chauves-souris. Pour nous, il est clair que l’abattage n’est pas la solution et cette espèce endémique est en réel danger. »


Yoko Watanabe : « Ce projet a permis de sauver 500 cateaux vertes »

Yoko Watanabe, Global Manager GEF Small Grants Programme, explique que le partenariat entre la GEF Small Grants, la MWF et la National Parks and Conservation Service remonte à 1996. «The Small Grants Programme in Mauritius was to the MWF for The Conservation of the Mauritian Echo Parakeet”. »

L’inauguration du marquage des signes en présence de Yoko Watanabe

En 96, poursuit-elle, il n’existait que 9 cateaux vertes, et avec l’aide de la GEF SGP-UNDP, la MWF, ces deux organismes ont pu sauver cette espèce en voie d’extinction « by developing captive breeding techniques which are used today for many other endangered birds around the world. An intensive conservation programme involved breeding wild caught birds in captivity, plus pulling selected wild eggs from nests. The project also involved habitat regeneration and research into field techniques to improve the breeding successes of wild birds. » Aujourd’hui, 500 cateaux vertes sont présentes dans les forêts mauriciennes.

Yoko Watanabe salue aussi le travail de la Vallée-de-Ferney pour la conservation de sa faune et sa flore dès 2013 et ajoute que la GEF SGP-UNDP avait alors consenti à faire un don de USD 150 000, ce qui a généré une meilleure prise de conscience chez les partenaires locaux et ceux du “global environmental benefits” de l’importance de sauvegarder notre écosystème.

Cet effort collectif, souligne-t-elle, a aussi permis de mettre sur pied un groupe de personnes, notamment des labourers, des guides, des chercheurs, des étudiants « to acquire new skills and techniques for conservation management and in the captive breeding of birds. »

Elle a salué le partenariat entre le Vallée-de-Ferney Conservation Trust, le gouvernement et Ciel Group pour la réintroduction des oiseaux en voie de disparition, tout en permettant aux randonneurs d’apprécier cette vue unique. « Ce projet a permis de trouver des plantes rares, certains sont en danger. Nous sommes heureux de faire partie de ce projet pour la conservation de ces espèces en danger car ce projet apporte un plus au “Protected Area Network”, épaulé par la UNDP GEF. Le dévoilement des panneaux indicateurs pourra aider le randonneur à mieux apprécier le travail de conservation et l’unique biodiversité que renferme cette vallée. »