LA VIE DES IDÉES

Comment expliquer le fort degré de confiance et de légitimité dont jouit le bobby au Royaume-Uni? Deux sociologues, Ben Bradford et Jonathan Jackson, montrent que la capacité de la police à inspirer confiance est à la fois un gage de son acceptation et de son efficacité.A contrario, une police qui fait peur se prive de la participation des citoyens à la production de l’ordre social.
 On dit souvent, à juste titre, que les Britanniques sont obsédés par leur police. L’idée même que la police « appartient » aux citoyens – qui a vraiment un sens dans le contexte britannique – peut sembler étrange aux habitants de pays comme la France où, pour diverses raisons, les relations entre la police et la population sont différentes.  Incontestablement, on fait moins confiance à la police britannique que dans les années 1960.  Mais en comparaison avec d’autres institutions, la police bénéficie encore d’un niveau de confiance élevé dans la population.
 La confiance et la légitimité sont essentielles au maintien de la fonction de la police.  À l’inverse, si les gens ne sont pas persuadés que la police prend leurs intérêts au sérieux et s’ils croient qu’elle défend des valeurs très éloignées des leurs, peut-être parce qu’eux-mêmes ou d’autres ont été victimes de traitements contraires à l’équité de la part de policiers, ils peuvent refuser les contacts avec la police et s’abstenir de l’aider. Leurs actions (ou leur absence d’action) engendrent alors une série totalement différente de relations et de rôles entre la police et la population et délégitiment la relation de pouvoir...