À la vie à la mort

Soyons francs. On l’a tous déjà envisagé au moins une fois dans sa vie. Que ce soit pendant trois secondes ou à 2 heures du matin lors d’une crise d’insomnie. Rappelez-vous ce sentiment de lassitude où cette envie de tout arrêter ou d’en finir une bonne fois avec cette existence absurde vous explose à la figure. Est-ce que mettre fin à ses jours est aussi horrible que ça ?
C’est après avoir visionné la fameuse série 13 Reasons Why que me sont venus à l’esprit tous ces questionnements sur ces personnes qui trouvent ce courage monstrueux de commettre l’irréparable. Mais qu’est-ce qui a bien pu se passer dans la tête de cet ado déglingué qui a osé se pendre aux barreaux de sa chambre, de cette jeune fille désespérée qui a franchi le pas de trop en haut de son immeuble ou de cet homme totalement perdu qui a préféré troquer sa bouteille de whisky contre celle de l’eau de javel ? Certains diront que c’est un acte de lâcheté et d’autres que ce sont des gens faibles qui n’ont pas l’audace d’affronter la vie dans toute sa splendeur. Facile à dire n’est-ce pas ?
Cependant, vous êtes-vous déjà mis à la place de cette personne qui a opté pour le suicide ? De nos jours, nous vivons dans des sociétés où chacun se recentre de plus en plus sur sa petite personne. Nous ne prenons plus la peine de regarder autour de nous, d’observer la vie qui bouge et de prêter attention aux signaux que nous envoient tellement de gens. À cause de nos écrans et de nos occupations de plus en plus conséquentes, nous oublions la personne de relations que nous sommes supposés être. Alors, au lieu de nous préoccuper, comme il se doit, des êtres qui nous entourent, nous préférons nous réfugier dans notre petit confort. On écoute à moitié cette amie qui nous confie ses soucis à la maison en pensant que ce sont juste des banalités et que ça va s’arranger tôt ou tard. Nous optons plutôt pour une soirée stridente en boîte de nuit à d’interminables confidences agréables autour d’un repas avec les amis. Parler, communiquer et partager son ressenti ne se limitent pas qu’à des pop-ups sur Facebook, à des légendes sans queue ni tête en haut de votre nouvelle photo de profil ou encore à des citations clichées qui enjolivent votre « wall ». Le monde dans lequel nous vivons nous tient de plus en plus en haleine. Comment faisons-nous pour tenir ? Si vous êtes forts, bien entourés, la tête sur les épaules, vous parviendrez à vous relever, peu importe les obstacles que vous inflige la vie.
Toutefois, il faut également penser à ceux qui ne sont pas comme nous. Ceux qui se retrouvent seuls, qui subissent plusieurs troubles moraux, qui n’ont personne à qui se confier et qui sont victimes de la méchanceté d’autrui. Hélas oui ! Nous pouvons également contribuer à cet acte désespéré en nous laissant emporter par notre impulsivité qui est souvent plus affûtée qu’un sabre de samouraï. Pour essayer de limiter la casse, apprenons à être plus attentifs à ceux qui ont besoin d’une épaule pour pleurer, à écouter sans avoir le pouce sur l’écran de notre Smartphone et à ne pas tourner les yeux lorsqu’on sent que notre ami ou un membre de notre famille sombre petit à petit. Ne faisons plus la politique de l’autruche de peur de faire face au mal-être de cet être en perdition.
Parents, votre enfant a sans doute besoin que vous lui parliez plus souvent, ne manquez pas à votre devoir et vérifiez que toutes vos lames de rasoir soient encore là de temps en temps. Si votre conjoint ou conjointe prend des distances, n’hésitez pas à mettre votre orgueil et votre paresse de côté pour faire le premier pas afin de communiquer. Il faut rester vigilant pour éviter qu’une vie ou tant d’autres ne soient gâchées.
Si vous réfléchissez à une bonne action à faire aujourd’hui, essayez de redonner à la vie sa vraie valeur en allant vers les autres, en aimant beaucoup plus et en étant plus soucieux des signes que vous lance chaque être autour de vous. Ouvrez les yeux avant qu’il ne soit trop tard !