Le Reform Party a tenu hier, à l’hôtel Le Labourdonnais, au Caudan Watefront, sa première conférence de presse depuis la défaite à la partielle de Belle-Rose/Quatre-Bornes en décembre dernier. L’ancien ministre de la Bonne gouvernance a axé son intervention principalement sur le débat autour de la dépénalisation du cannabis à Maurice. Roshi Bhadain a toutefois émis plusieurs réserves face à cette éventualité. « Deux jeunes sur cinq sont touchés par les drogues synthétiques » affirme-t-il, s’appuyant sur une étude menée par son parti. Selon lui, une dépénalisation du gandia « provoquera une ruée vers les drogues synthétiques ».

« Si la légalisation du cannabis a lieu, la demande pour celui-ci augmentera. Et lorsque la demande augmentera, le supply sera limité. En termes économiques, pour tout produit dont la demande augmente mais que le supply est limité, le prix augmentera forcement.De ce fait, les personnes se tourneront davantage vers la drogue synthétique. Ainsi, si nous dépénalisons le cannabis, les gens se rabattront sur la drogue synthétique », soutient Roshi Bhadain. « Si ce n’est plus un délit, la demande pour le cannabis va augmenter mais la vente restera illégale. Les consommateurs vont se tourner vers la drogue synthétique », avance le leader des jaunes.

Le leader du RP pense par ailleurs qu’il faut se pencher rapidement sur la question de la médicalisation du cannabis, afin d’alléger la souffrance de ceux atteints de cancer ou d’autres maladies. Le Reform Party exige ainsi l’introduction d’un Synthetic Drugs Bill. Par ailleurs, Roshi Bhadain a aussi commenté le projet Metro Express. Il est d’avis que « certains font preuve d’hypocrisie en allant manifester à la promenade Roland Armand ». « Nous continuerons à expliquer aux gens que le problème reste les tuyaux de la CWA. Le projet de la promenade à Ébène coûtera Rs 100 millions. D’où va-t-on puiser cet argent pour réaliser cela ? »

Commentant l’évolution de l’échiquier politique, le leader du RP a laissé entendre que « nou pa loin ek MMM et nous sommes très satisfaits ». Il estime qu’ « après une année d’existence, le Reform Party fait mieux que les partis traditionnels et le Mouvement patriotique ». L’ancien député de Belle-Rose/Quatre- Bornes a aussi annoncé la préparation d’un document intitulé « 50 mesures pour changer l’île Maurice ». Ces mesures, dit-il, seront suivies de Key Performance Indicators (KPI) et de « what if scenarios » afin de résoudre les problèmes dans divers secteurs du pays.