Les remous au gouvernement, la révocation de l’ancien ministre de l’Environnement et le cas de Vishnu Lutchmeenaraidoo semblent donner la pêche au Parti travailliste, lequel, revigoré, poursuit ses congrès dans des circonscriptions qu’il sent fragilisées par les dernières secousses politiques. À Lallmatie où le PTr tenait son congrès vendredi dernier, Navin Ramgoolam, le leader des rouges, a affiché la grande forme pour faire le bilan de l’Alliance Lepep. Un bilan teinté, selon lui, de favoritisme, d’arrestations arbitraires, de promesses non tenues, d’abus, de scandales à la pelle.
Après 15 mois au pouvoir, le gouvernement de sir Anerood Jugnauth “a trahi la confiance” du peuple, a scandé l’ancien Premier ministre devant ses partisans. Il a expliqué que des proches des membres du gouvernement sont en train de profiter des faveurs qui leurs sont accordées à cause de leur proximité avec le pouvoir. “Ena fer aplikasion, me pa kone pou ki job !” a ironisé Navin Ramgoolam en citant le cas de Naila Hanoomanjee, fille de la Speaker Maya Hanoomanjee, nommée directrice de la SPDC, et celui de Youshreen Choomka, directrice de l’IBA. Entre-temps, le chômage, a-t-il fait ressortir, est en train de gagner du terrain auprès des jeunes et d’autres dans le secteur de l’offshore sont en passe de perdre leur emploi.
Navin Ramgoolam a mis en doute le deuxième miracle économique annoncé par l’Alliance Lepep. D’ailleurs, il a trouvé injuste que Vishnu Lutchmeenaraidoo ne soit toujours pas sanctionné pour sa longue absence au cabinet, tandis que le syndicaliste Alain Edouard a, lui ,perdu son emploi pour un jour de congé qui serait justifié. Et au sujet de l’ancien ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo, le leader du PTr s’est interrogé sur la valeur de la maison de celui-ci. En effet, Navin Ramgoolam, qui faisait référence à l’affaire Euro loan, se demandait comment “an 82 Lutchmeenaraidoo pena kas pou met lesans dan so katiaktiarli ena enn lakaz ki vo Rs 70 milion ?”  Navin Ramgoolam s’est aussi demandé pourquoi le Premier ministre ne révoquait pas Vishnu Lutchmeenaraidoo. “Eski li per enn eleksion partiel dan N°7 ou eski li per Lutchmeenaraidoo tir so bann pese deor ?”
Au N° 9, où Navin Ramgoolam intervenait, Raj Dayal, député de la circonscription, en a pris pour son grade. Le leader du PTr a relevé le passé peu luisant de l’ancien commissaire de police avant de regretter le projet avorté du métro léger et critiquer celui de Heritage City. Le leader du PTr qui a aussi fustigé le ministre Roshi Bhadain et a mis en garde contre l’idée de puiser des fonds du National Pension Fund, de la State Bank of Mauritius ou encore de la Sicom pour rembourser les détenteurs du Super Cash Back Gold de la BAI.
Il a aussi signifié son intention de “surveiller de très près” la dette du casino Senator d’un montant de Rs 1,5 milliard auprès de la Mauritius Revenue Authority. Le casino aurait, selon lui, tenté à plusieurs reprises d’avoir recours à des personnalités pour effacer son ardoise.
C’est un leader des rouges optimiste qui a demandé à ses troupes et au peuple de garder espoir et de rester mobilisés. Son principal adversaire, sir Anerood Jugnauth, a-t-il déclaré, n’a qu’un but : “Détruire Navin Ramgoolam, affaiblir le Parti travailliste.” Cela avec l’intention de “prepar tronn pou sa garson, Pravind Jugnauth.” Mais la bataille sera rude. Navin Ramgoolam a prévenu : “Se ki panse pou fer mwa ditor, li pou pey so refren divan “