LANCEMENT DU PROJET MÉTRO EXPRESS : Le ruban « le plus cher au Monde » coupé à Maurice !

Utilisé à Maurice il y a quelques semaines, le ruban coupé pour le lancement du projet métro express aura coûté sûrement plus d'un million de roupies au mètre. La cérémonie de lancement au total aura coûté plus de Rs 7 millions… Au minimum, ne comptabilisant pas l’utilisation des ressources publiques, le temps des fonctionnaires et d'autres coûts invisibles que l'on y met, sans être pris en compte, mais qui pourtant sont encourus à partir de deniers publics, donc l’argent des contribuables.
La raison pour laquelle nous avançons qu’il s’agit du ruban le plus cher au monde relève d’un simple calcul. Même si on avait servi du champagne et du caviar, on n’aurait pas atteint les Rs 7,5 millions. Le ruban a donc été l’item le plus cher. On ne suivra pas le raisonnement de ces jaloux qui diront tout de suite qu'il y a quelque chose qui cloche dans tout ça. On accorde le bénéfice du doute aux heureux entrepreneurs, bénéficiaires du pactole de Rs 5,6 millions, provenant des fonds publics.
À cette somme de Rs 5,6 millions versés, il faut ajouter la location des climatiseurs pour presque un million de roupies et Rs 100 000 pour boucher les trous de la toiture, au cas où il allait pleuvoir. Il fallait aussi ajouter le « manze-bwar » à Rs 600 000. Évidemment, avec autant à ingurgiter, il a fallu louer des latrines mobiles à Rs 100 000. Et oui, il fallait parer aux urgences, métro express, projet de prestige : caca express, latrines de luxe. De plus, vous ne voulez pas que l'autre vous p…. dessus ! Et tous ces coûts ne sont pas compris dans les Rs 5,6 millions qu’a empochés l’Events Management pour une cérémonie de deux heures.
À ce coût-là, cette fiesta, symbole du gaspillage arrogant, du grappillage indécent, ne nous interpellera peut-être pas. Puisque nous sommes dans l’univers d'un projet au coût de plusieurs milliards de roupies. Mais on peut se demander quel est l’item de dépense le plus onéreux inclus dans les Rs 5,6 millions. Cela ne peut être le film ou clips produits. Et puisque le catering, la climatisation, la sécurité, les toilettes, la toiture, la prime d’assurance ne sont pas inclus dans les Rs 5,6 millions, il nous reste à deviner. D’où notre déduction simpliste : c'est le ruban !       
Nous ne comprenons pas la logique de ceux qui gouvernent nos vies. J’espère qu'ils ne nous traitent pas de démagogues lorsque nous leur rappelons les données que le Bureau des statistiques produit régulièrement pour démontrer les conditions dans lesquelles vivent des milliers de Mauriciens. Ces cases faites entièrement de feuilles de drum ou de tôles rouillées qui suintent par un mauvais temps. Ces habitations de fortune qui se trouvent dans un rayon de moins de 2 km du lieu où se déroulait cet étalage de luxe et de la dépense arrogante. On n’invoque pas ici l’accountability de nos dirigeants. On leur demande simplement qu'ils aient du cœur, qu’ils insèrent dans leurs décisions la dimension de solidarité vis-à-vis des mal-lotis.   
 Malheureusement, la bacchanale, comme on le disait à Maurice autrefois, ne sera pas vue comme un scandale. On a fini par tout relativiser. C'est quoi Rs 7,5 millions, comparé à ces plusieurs milliards de roupies qui circuleront grâce au métro express ? Peanuts. Alors, on va les oublier, ces toilettes à prix d’or, ou ces trous bouchés de liasses de billets.
 C’est aussi simple que ça. On s’y habitue, c'est tout.