La ministre de l’Éducation Leela Devi Dookun souligne qu’on n’a « pas besoin d’être musulman pour parler arabe ». Selon elle, le nombre de personnes étudiant cette langue a connu une hausse depuis son introduction dans le cursus du secondaire, en 1978. En 2015, précise-t-elle, 72,46% des 5 079 élèves ayant étudié cette langue au CPE ont réussi à leurs examens. La ministre intervenait au Centre culturel islamic à Plaine-Verte vendredi dernier dans le cadre de la Journée internationale de la Langue arabe.
Leela Devi Dookun rappelle que l’arabe a été introduit au secondaire en 1978 puis, au primaire, en 1981. À ce jour, dit-elle, environ 10 000 élèves étudient cette langue à plusieurs niveaux et des professeurs formés sont engagés dans son enseignement, soit 103 au primaire et 72 au secondaire, privé et public. Quelque 4 200 élèves prennent part aux examens d’arabe du School Certificate annuellement, ce qui représente 3,8% de la population estudiantine au secondaire. « En 1983, 965 élèves étudiaient l’arabe au primaire et, cette année, les chiffres ont atteint 5 079 », observe la ministre. Au fil des années, le taux de réussite est resté plutôt stable, constate-t-elle, avec un pourcentage tournant de 70% à 72%, allant à des baisses jusqu’à 69%.
La ministre Dookun souhaite que le Centre culturel islamic apporte sa contribution « to move from the present relatively low level of spoken Arabic to a higher level spoken Arabic ». Tout en reconnaissant qu’un grand nombre de personnes à travers le monde utilise cette langue, elle précise qu’elle est intrinsèquement liée à une religion : « It is common knowledge that Arabic is widely used in Islamic religious practices. The “azaan”, the daily call for prayers, is done by the muezzin in Arabic. The five daily prayers are performed in Arabic though, in some cases, there is inadequate understanding of most of what is being recited. Generally, the Friday sermon, the Eid sermon, and the nikka sermon are read in Arabic as many other rituals like the burial ceremonies, the rituals around the Haj and the Umrah. » Or, elle n’est pas encore la langue de communication des musulmans vivant en dehors des pays arabes.
Cependant, la ministre a insisté : « I think we need to move out of that narrow mindset that dictates that, to wish to speak Arabic, you inevitably have to be a Muslim. This does not hold today. Just as it is no longer true that one speaks Mandarin just because one is a Chinese or that one speaks Spanish just because one is a Spaniard. A language has to be learned because it is in itself quite rich and, among other things, carries a corpus of literature that often transports readers to new heights. » Elle a même cité quelques exemples, dont l’ouvrage universel de Khalil Gibran, The Prophet. « Of course, we can read the English translations, but imagine the powerful impact such writers using Arabic can have when they are read in the original version. This, Ladies and Gentlemen, is one of the reasons, why I believe we need to encourage our students to study languages while being still very young. »
Pour conclure, elle a remercié les pays amis, comme l’Égypte, le Koweït et l’Arabie saoudite, pour le soutien accordé au ministère dans le cadre de l’enseignement de l’arabe et la formation des professeurs. Elle a aussi souligné le rôle de la Doha Academy of Tertiary Studies pour l’enseignement de l’arabe au niveau tertiaire.
Tous les 18 décembre, la langue arabe est célébrée par ses locuteurs après le décret de l’Unesco en 2010. En 1978, c’est à cette date qu’elle est devenue langue officielle des Nations unies.