SANJAY HEERALALL BHUGALOO

Voilà que la politique reprend ses droits après la trêve de la période festive ! Qui s’en plaindrait me diriez-vous de ne pas avoir eu à subir nos politiciens et leurs délires ces dernières semaines. On ne se porte pas moins bien, au contraire ! Après la proposition farfelue faite par le leader du MMM pour que les deux voisins de River Walk ne se représentent plus comme Premier ministre, cela au dire de ‘Kamarad’ Paul afin de venir en aide au pays qui, selon eux, glisse vers une dictature (quelle preuve de sacrifice, le peuple vous en remercie !), leur dernière trouvaille c’est qu’il faut maintenant boycotter le discours-programme du gouvernement. Il se chuchote même que les deux leaders se sont parlé au travers de leur mur mitoyen pour tomber d’accord dans ce sens et que le lion aurait même réussi (quel exploit !) à faire entendre raison au lider maximo de rencontrer la ‘zoli mamzel’ afin de faire cause commune malgré leur différend légendaire.

Voilà quelqu’un pendant 50 ans à la tête du MMM, qui, à ses yeux, est un des plus démocratiques au monde, qu’il a mené à la défaite lors des 4 dernières élections générales et qui, chaque samedi, est entouré de ses fans à nous faire la leçon. Je lui conseillerais humblement de se retirer comme il est encore temps et de prendre exemple sur de grandes démocraties ou leader d’un parti qui, lorsqu’il perd les élections, cède sa place immédiatement. Idem pour son voisin de River Walk.

Ce qui a aussi interpellé, j’en suis sûr, bon nombre de personnes comme moi lors de la conférence de presse du MMM de samedi dernier, c’est le fait de ne plus voir les jeunes qui étaient là juste avant les élections. Où sont-ils passés? Les mêmes béni-oui-oui à nouveau autour du leader. J’ose espérer que ces jeunes n’étaient pas là que pour faire le nombre avant les élections. Ce serait vraiment dommage, car je trouve qu’il y avait pas mal de bons éléments.

C’est triste de voir un parti – que j’ai vu naître et grandir – réduit à ce qu’il est devenu aujourd’hui.

Démission en bloc ?

Je suggère, le temps que la Cour rende son verdict concernant les pétitions soumises pour contester les élections, que tous les membres de l’opposition ne touchent plus leurs salaires et autres avantages pécuniaires et les versent à des institutions charitables. Et pourquoi même ne pas envisager de démissionner en bloc. Ayez du courage, du panache, mais on sait qu’ils n’en ont pas, agrippés à leurs sièges de députés et autres privilèges (salaires, allocations, duty-free, pensions) en découlant.

En parlant de possible truquage selon eux, autant invalider les élections dans toutes les 21 circonscriptions en assumant que les résultats auraient pu être différents au vu du nombre important d’électeurs n’ayant pu voter, même dans les circonscriptions où les candidats de l’opposition en sont sortis vainqueurs.

Avant les élections c’était : la tête haute, la main propre, nou pa per pou al tou sel, lion pe kasiet anba lezel kok.

Après les élections : la tête basse, la queue entre les jambes, nou pou swiv lion anpaye ek kok deplime dan zot bann delir.

Le MMM avait pourtant bien mené sa dernière campagne qui fut propre, sobre et efficace, tout en réussissant à mobiliser ses sympathisants. Le discours de son leader le jour de la proclamation était aussi tout à son honneur.

Hélas, cette situation ne fut que de courte durée et on s’étonne de ce qui a bien pu se passer après justifiant ce virage à 180 degrés.

Je me demande si les députés MMM et les jeunes recrues valables, vont suivre leur leader aveuglément dans cette énième aventure suicidaire et les jeter à nouveau dans les bras du lion et du coq.

Nous sommes tous d’accord que la majorité gouvernementale de 2014 à fin 2019 était un accident de parcours, avec en son sein des spécimens rares. La raison principale : ses dirigeants, ne croyant au départ pas trop en une victoire finale et qu’ils allaient directement à l’abattoir, avaient été les racoler à la dernière minute faute de mieux, mis à part quelques exceptions à compter sur les doigts d’une seule main.

Il y a eu trop de couacs retentissants et autres scandales qui ne le furent pas moins dont tout le monde se souvient et il serait inutile pour moi de revenir dessus. Espérons que le PM en a retenu sa leçon et ne commettra pas les mêmes bêtises.

Il faut toutefois reconnaître qu’il n’y a pas eu que du mauvais ces cinq dernières années ; les amendements aux lois du travail, le salaire minimum, la ‘negative income tax’, la hausse significative de la pension bien qu’on connaisse les implications financières que cela engendrait pour les générations futures, l’investissement dans les infrastructures publiques : routes, métro, hôpitaux, logements sociaux, cour de justice, etc.

Cette nouvelle législature a en son sein de bien meilleurs éléments, et ce, des deux côtés de la chambre. Gardons espoir…

Le rôle de l’opposition

L’opposition dans toute démocratie qui se respecte – et encore plus dans notre système parlementaire calqué sur le modèle westminstérien – a un rôle important à jouer pour la bonne marche du système démocratique. Au lieu de s’engager dans des actions futiles, dépassées et enfantines (walk-out, vociférant des ‘sort deor to pou kone’, boycott, etc.), les membres de l’opposition doivent assumer leur rôle, car ils sont payés des deniers publics. Faites honneur à votre statut de ‘honorable’ messieurs/mesdames et soyez des dignes représentants de vos mandants. Ce qu’on ne veut surtout pas, c’est d’une opposition molle et accommodante telle qu’on l’a malheureusement vécue avec le MMM pendant une année ou presque en 2014 pendant les ‘fréquentations’ avant la conclusion de la fameuse alliance PTr/MMM dite ‘imbattable’ et qui allait subir le sort que l’on connaît.

Je dois admettre que je n’ai jamais été un fervent supporter de l’actuel leader de l’opposition, le Dr Arvin Boolell. Je l’ai critiqué à maintes reprises dans le passé surtout après l’épisode du Square Guy Rozemont en 2015 après les élections quand il s’était fait malmener par les agents du PTr pro-Navin en la présence de ce dernier qui n’avait pas levé le petit doigt. C’était une opportunité en or pour lui de claquer la porte et provoquer une dissidence avec le poste de leadership du PTr comme ultime objectif. Malheureusement, il lui a manqué ce brin de courage et de charisme, au contraire de son père qui avait claqué la porte du PTr de SSR à un moment de sa carrière politique dans les années 80 pour former le MPM, quitte à revenir au bercail quelque temps après.

Mais je dois dire que j’ai apprécié ses quelques prises de position récemment depuis son accession au poste de leader de l’opposition et j’espère qu’il sera présent lors du discours-programme.

C’est votre rôle en tant que membres de l’opposition de critiquer les actions et inactions du gouvernement, mais il convient aussi de faire des propositions constructives afin d’aider notre pays à progresser ; mais de grâce ne jouez pas aux abonnés absents, c’est dépassé !

Vous qui avant les élections aviez (enfin si l’on croit en votre sincérité), tous les remèdes et solutions à tous nos maux et problèmes, vous seriez beaucoup plus utiles, je pense, au pays et selon l’expression de votre formule favorite, « dans l’intérêt supérieur du pays », de faire profiter au pays vos recettes et solutions bien gardées de comment vous alliez faire si vous étiez au pouvoir afin de : augmenter la croissance, réduire l’endettement, diminuer le déficit budgétaire, créer des emplois productifs pour nos jeunes, baisser les prix des commodités, même si leurs cours au plan mondial sont en hausse, augmenter les pensions, réduire la pollution sous toutes ses formes, accroître le pouvoir d’achat des travailleurs, combattre la corruption et le trafic de drogue, réduire le nombre d’accidents et de morts sur nos routes et j’en passe. Croyez-moi, la nation vous aurait été plus que reconnaissante et vos efforts certainement plus productifs que de boycotter le discours-programme.

For God’s sake, rise above party politics and your petty immediate interests, guys, and work for the betterment of the people of this country !