Le dimanche 19 mai 1991, le père Maurice Piat fut nommé évêque coadjuteur du diocèse de Port-Louis. Cela fait 28 ans, jour pour jour, en ce dimanche, qu’une foule supérieure à celle de la visite du pape Jean-Paul II (en 1989) s’était réunie au monument Marie, Reine de la Paix pour participer à la cérémonie de l’ordination.

Un moment central de l’ordination, Mgr Maurice Piat à genoux devant le principal consécrateur, le cardinal-évêque Jean Margéot, en présence du père Philippe Goupille, Mgr Gilbert Aubry de l’île de La Réunion
Le cardinal Jean Margéot, évêque consécrateur remettant les insignes pastoraux, dont la mitre à Mgr Maurice Piat
L’évêque auxiliaire donnant le baiser de paix à Alix Piat, sa mère

La référence à l’assistance de la visite papale pourrait surprendre. De fait, la quantité y était, mais c’est surtout la qualité qui fera de cette Pentecôte une des plus mémorables de l’histoire de l’Église et du pays. Une qualité qui s’est exprimée par la rencontre des communautés et des classes sociales, l’éclat des couleurs vocales et ornementales et, surprise, une première grande adresse publique du futur successeur du cardinal-évêque Jean Margéot, qui lui a fait connaître et indiquer le ton, le style et les extrémités de son épiscopat. La présence de ces dizaines de milliers de compatriotes et l’accueil fait à ce discours démontrent la quête des Mauriciens de valeurs qui le sont parce qu’elles sont proposées et vécues par des hommes qui le sont aussi.

Sans doute, les chrétiens, les catholiques en particulier, sont-ils les premiers interpellés par la vigoureuse présentation faite de l’Évangile, mais la population nationale est trop soucieuse du sens et de la pratique du beau et du vrai pour refuser cette bonne parole sans se dire qu’il y va, de ce fait, de la méconnaissance des religions autres que la catholique romaine. Mgr Maurice Piat l’a bien compris, qui a dit le respect dû et assuré par l’Église à ces dernières.