Le Cardinal Maurice Piat, dont l’homélie à la messe pour la Journée de la paix est très attendue, relève que « l’engagement du Pape à Noël est particulièrement axé sur la question des migrants ». De cela, il dresse un parallèle avec la situation des squatters à Maurice. « La crise des migrants et des réfugiés est mondiale, mais elle est aussi nationale, parce que les squatters sont les réfugiés de notre République », confie au Mauricien le chef de l’Église, en faisant remarquer que certains des squatters de Tranquebar y sont depuis plus de 30 ans. « Les réfugiés n’ont pas de logement fixe. C’est la même problématique sur la petite échelle de la République de Maurice », poursuit-il sur cette question.

Le cardinal Piat rappelle que l’année 2018 marque les 70 ans de la Déclaration des Droits de l’Homme. « Plus que jamais, l’île Maurice, qui atteindra ses 50 ans d’indépendance, doit se mobiliser pour faire respecter ces droits. Il y va de la responsabilité du gouvernement mais aussi des habitants de Port-Louis ».

Concernant sa récente nomination au sein du Dicastère pour le Service du Développement humain intégral par le pape, le Cardinal se sent « très touché par la confiance que le Pape me fait de participer à la réflexion au niveau de l’Église universelle ». Il fait ressortir que trois autres cardinaux, nommés en même temps que lui, font aussi partie du même dicastère et sont de l’océan Indien. Ces cardinaux sont Patrick D’Rozario, (Dacca, Bangladesh), John Ribat (Port Moresby, Papouasie Nouvelle-Guinée), Louis-Marie Ling Mangkhanekhoun (Paksé, Laos). « Il y a autant de cardinaux dans l’océan Indien et je suis très heureux de participer et de chercher concrètement des contributions que l’Église peut faire ».

S’agissant de l’engagement social de l’Église le cardinal Piat estime que « l’impact social de la foi chrétienne est comme un défi lancé aux chrétiens du monde d’aujourd’hui, confronté à des crises humaines de plus en plus fréquentes et de plus en plus dangereuses ». Le souhait du Cardinal Piat au pays pour la nouvelle année: « Que les Mauriciens, qu’ils soient politiciens ou électeurs, ne se perdent pas dans de petites guéguerres à qui est le plus fort, mais collaborent plutôt à l’élaboration d’un projet d’écologie intégrale pour le début de 21e siècle. Travaillons à une écologie qui respecte non seulement l’environnement, mais aussi les droits humains. Que tous les Mauriciens conjuguent leurs efforts contre les inégalités et travaillent en faveur du développement humain ! »