L’annonce de la mise sur pied d’une Mauritius National Investment Authority (MNIA) qui devrait absorber le National Savings Fund (NSF) et le National Pensions Fund (NPF) suscite plusieurs appréhensions du côté du Conseil des Syndicats. Lors d’une conférence de presse, hier, le président, Dewan Quedou, a exprimé sa crainte qu’aucun représentant de travailleurs ne soit représenté au sein de cette nouvelle organisation qui opérera sous l’égide du Bureau du Premier ministre (PMO).

« Cette nouvelle organisation qui sera sous le PMO, incluera des experts en matière fi nancière et il n’y aura pas de représentant de travailleurs. Ce qui signifie que le PMO et le gouvernement pourront manipuler le fonds aisément. Il n’y aura pas de contrôle sur la manière dont les contributions des travailleurs et des employeurs seront gérées. La MNIA sera responsable de quelque Rs 140 milliards provenant du Surplus Fund, du NSF et du NPF » devait faire ressortir Dewan Quedou.

Selon le CDS, lorsque le NPF et le NSF fonctionnent sous le ministère de la Sécurité sociale, tout fonctionne bien car il y a des représentants du gouvernement, des employeurs et des employés. Autre objet de préoccupation du CDS: « Nous ne savons qui présidera la MNIA. Est-ce que ce sera un nominé politique qui recevra des instructions du PMO? » se demande le Conseil. Dewan Quedou d’ajouter: « Le premier ministre a aussi annoncé la mise sur pied d’un Economic Development Board (EDB) qui aura un droit de regard sur la MNIA. L’EDB comprendra 7 membres du secteur privé et seul un du gouvernement. Il y aura très probablement confl it d’intérêts étant donné que la plupart des membres ont des positions clé dans les entreprises privées.

Il n’y aura pas de représentant de syndicat pour faire entendre la voix des travailleurs ». De son côté, Reaz Chuttoo a exprimé son désaccord que les contributions des salariés aillent dans des entreprises « de connivence avec les décideurs politiques ». Le CDS demande au Premier ministre de mettre ce projet en suspens et d’ouvrir des discussions avec les confédérations avant que de nouvelles décisions ne soient prises.

Le Conseil demande que l’EDB inclue au moins trois représentants syndicaux pour défendre l’intérêt des travailleurs et pour agir comme un chien de garde. Le Conseil compte envoyer une lettre au Premier ministre pour lui demander une rencontre urgente.