Hélas ! , il n’y a pas que dans Star Wars que certains virent du côté obscur. La fiction rejoint la réalité quand des citoyens laissent s’exprimer leurs plus viles pulsions. Après le meurtre d’une rare atrocité de notre compatriote de Rodrigues Chansela Perrine et qui nous a tous sérieusement secoués, celui, il y a deux jours, de Stéphanie Menes a rouvert brutalement des plaies qui commençaient à peine à se cicatriser !

Agressée, ligotée et laissée pour morte, cette jeune Mauricienne de 32 ans, mère de deux enfants de 15 et 17 ans, est tombée sous les coups d’un mari qualifié de « jaloux », « obsessif », « violent » ou encore, « possessif » par l’entourage immédiat des Menes. Encore un cas de violence conjugale, et encore une fois, un cas de trop. Les Chansela et Stéphanie qui meurent sous les coups de leurs maris et conjoints, on n’en recense que trop à Maurice.

Dans le monde, où la violence domestique fait autant de dégâts et de victimes, certains ont pris les devants. En France, précisément à Arras, par exemple, un programme a été mis en place, depuis quelques mois, pour faire prendre conscience aux agresseurs de leurs violences. Mettre des mots sur leurs actes, suivre des séances de paroles où ceux qui commettent les délits sont amenés à réfléchir sur leurs actes, discuter du comment et du pourquoi, et travailler de pair avec des professionnels pour canaliser ces accès de colère. L’“anger management” n’est pas un vain mot. S’il est plus répandu aux États-Unis, il gagne rapidement le reste du monde. Le tout, bien entendu, soutenu par des structures légales mises en place par les gouvernements.

Toujours en Europe, en Suisse, cette fois, les décideurs politiques sont passés à l’étape supérieure, s’apprêtant à durcir leur législation. Et ce, sans même que la victime ait à porter plainte ! Voilà une avancée qui devrait sérieusement aider dans ce combat tellement épineux, puisqu’il touche la cellule familiale. Car on sait que les femmes victimes de violences au sein de leur couple, qu’elle soit physique, verbale ou sexuelle, parviennent difficilement à sortir de leur mutisme. Partager, évoquer, ne serait-ce que dire leur condition implique, dans une majorité de cas, trop de répercussions directes : représailles du mari ou conjoint étant l’élément le plus important; et ensuite, le regard des autres une fois la situation ébruitée. Ce qui fait que la grande majorité des victimes reste silencieuse et n’envisage même pas d’aller porter plainte. Et encore moins d’aller chercher du secours auprès des ONG et associations qui défendent ces causes.

Quand on pense que chez nous, à Maurice, on attend depuis plus de trois ans que le viol conjugal soit déclaré un délit — le dossier tenait beaucoup au cœur d’Aurore Perraud, quand elle était ministre — et quand on connaît le calvaire que traversent la plupart des femmes qui portent plainte contre leurs maris, on se demande bien quand et qui viendra changer la donne ! La VPM Fazila Daureeawoo, qui a hérité du dossier, ne semble pas faire grand cas des récents meurtres. Et quid des associations censées représenter les droits des femmes ? Celles-ci seraient-elles blasées ? Ou impuissantes face à trop de cas et trop peu d’armes légales et soutiens pour mener à bien leurs combats ? Il est prouvé qu’un lobbying intense, de la part de la société civile, finit par aboutir à la création de passerelles et par résulter en des actions adéquates prises par des décideurs politiques, en concertation avec les activistes. Alors, qu’attendons-nous ? Combien d’autres Chansela et Stéphanie devront périr entre-temps ?

Le côté obscur frappe également ces politiciens qui, en cette période pré-électorale, troquent leurs couleurs tels des caméléons ! Cependant, ce qu’on attend davantage d’eux, c’est avant tout de l’honnêteté. Par pitié, qu’on arrête de prendre le peuple pour des imbéciles et de l’argent comptant ! Que l’on veuille changer de wagons parce qu’on préfère le métro express aux locomotives d’antan, soit. Mais qu’on nous dise en toute sincérité que le choix a été dicté par un désir de faire partie d’une équipe qu’on souhaite gagnante, et parce qu’on en a eu marre de rester dans l’opposition. Qu’on arrête de nous seriner avec des discours creux totalement insipides sur le « renouveau militant ». Qu’on dise franchement : on veut faire partie de ceux qui dirigent. Le peuple appréciera à sa juste valeur cette droiture !

Prions pour que la visite très attendue du Pape François, ce lundi 9, parvienne à éclairer ces âmes égarées par leurs desseins individuels…

Husna RAMJANALLY