« L’écho a été énorme. Je ne regrette pas le choix de naviguer sous les couleurs de l’Île Maurice. Je suis depuis peu le président de l’association Dodo Mauritius Team. Mon but, c’est d’aider les jeunes sportifs de tous horizons à s’accomplir dans le sport. C’est un monde en souffrance, mais il nous appartient à tous d’en être acteurs… »

Du haut de ses 16 ans seulement se dégage une maturité hors pair chez Terence Benjamin Saramandif (TBS). Mauricien de père, ce gamin du Val-de-l’Indre CK France, griffé champion d’exception, a offert à la République de Maurice le premier titre olympique toutes catégories d’âge confondues de son histoire. De Veigné à Port-Louis, de l’Indre à l’océan Indien, ses supporters ont forcément vibré en ce matin du 15 octobre des JO de la Jeunesse. Notre rédaction sportive également, d’où notre choix, sans scrutin, sans discussion aucune, de l’installer Sportif de l’Année 2018, en digne successeur de Fabrice Bauluck. Qu’on se le dise quand même.

Saramandif, c’est un sacre historique dans la forme, mais au parfum de paradoxe dans le fond, quand on considère qu’avant l’avènement TBS à Buenos Aires, le canoë-kayak n’existait que de nom dans l’île. Étiquetée à tort de sport marginal par des groupuscules, cette discipline avait suscité entre 2012 et 2013 une grande controverse et l’indignation dans les milieux du sport mauricien, contestée en Cour suprême par certains (dirigeants sportifs), critiquée au Parlement par d’autres (députés de l’opposition), avant que le canoéiste ne vienne lui-même mettre tout le monde d’accord sur la table sportive. À nous maintenant de donner raison à notre héros médaillé d’or dans son choix de patrie et cela dès son jeune âge. À nous de croire en son avenir sportif, lui qui a désormais intégré le très sélectif Talent Identification Program, préparatoire aux JO 2020 et destiné aux potentiels médaillés à Tokyo, voire Paris 2024.

À nous finalement de l’accompagner dans ses objectifs et le révéler davantage aux yeux du monde entier. Le n°1 de notre Top 5 s’entoure de dauphins 2018 compétitifs à leur niveau : la cavalière Margaux Koenig, membre de la sélection d’Afrique médaillée de bronze à ces mêmes JO argentins, l’haltérophile Roilya Ranaivosoa, championne d’Afrique à Pointe Jérôme, le tireur Warren Robertson, champion du monde juniors de kickboxing à Venise, et le cycliste Adriano Azor, médaillé d’or (course en ligne) aux Jeux d’Afrique de la Jeunesse à Alger.

Au niveau des “mentions spéciales 2018”, le cycliste Christopher Lagane, le triathlète Grégory Ernest, l’haltérophile Dorian Madanamootoo, le nageur Bradley Vincent, le tennisman Jake Lam, les volleyeuses du Quatre Bornes VBC, l’équipe nationale U18 de rugby, le bouliste Aftab Battun ont eux aussi créé l’événement. À quelques encablures de la fi n d’une année civile se prépare d’ores et déjà un très attendu volet 2019, avec dans le viseur les incontournables Jeux des îles de l’océan Indien du 19 au 28 juillet prochain. Une dixième édition du genre en 40 ans d’existence, la troisième qu’abrite le pays, traditionnellement rythmée par la ferveur, le talent de la jeunesse sportive de l’OI. Le compte à rebours est lancé à tous les niveaux.