• Des travaux d’excavation en cours sur l’ancien site du Heritage City

Annoncée en fanfare en 2015, la construction de Trianon Smart City devrait démarrer en novembre prochain sur une superficie de 120 arpents, à gauche de l’autoroute M1 en allant de la capitale vers St-Jean, avec la Cybercité d’Ébène dans le voisinage direct. L’initiative revient à la compagnie Hermes Properties Ltd qui a obtenu, en juin dernier, un permis de construction de la mairie de Quatre-Bornes pour l’aménagement de cette Smart City qui sera dotée d’un centre commercial, de 30 immeubles de bureaux et d’un hôtel d’affaires. Ce développement qui nécessitera des investissements de Rs 25 milliards sur une période de 15 ans a fait couler beaucoup d’encre, notamment pour sa proximité avec le Bagatelle Dam. Les travaux de la phase 1 devraient être complétés dans deux ans.

Présentant le projet de Trianon Smart City en octobre 2015, les représentants d’Hermes Properties Ltd avaient mis en avant la position stratégique du site, soit le long du corridor routier reliant le nord au sud de l’île ainsi que sa proximité avec la cybercité d’Ébène et les principales agglomérations urbaines. Il se situe entre l’étendue du terrain qui était réservé pour la défunte Heritage City, enterrée le 11 octobre 2016 en raison de la proximité avec le Bagatelle Dam et les risques d’effondrement du barrage. D’où la polémique et le retard dans la mise en œuvre du projet Trianon Smart City. La demande d’Hermes Properties Ltd pour un permis Environmental Impact Assessment (EIA), faite en juin 2016, avait d’emblée été rejetée, le ministère des Finances leur demandant de revoir certains aspects de leur projet suite à la présence d’une nappe phréatique sous une partie du terrain.

Le Parlement populaire (PP), un groupe de citoyens mauriciens engagés, s’était, à la même époque, fendu d’une lettre au ministère de l’Environnement pour s’opposer à la demande d’EIA Licence de la compagnie, contestant le fait que l’EIA du projet de Smart City à Trianon ne répondait pas aux critères des guidelines du Board Of Investment (BOI) ni à la législation sur les Smart Cities Regulations 2015 dont les sections 4(b)(i) et 5(5) (b)(i) qui stipule qu’une smart city “produce their own water needs.”

En d’autres mots, la Smart City serait une surcharge supplémentaire sur le réseau de distribution d’eau du Bagatelle Dam au détriment de la population. Hermes Properties Ltd devait finalement obtenir son permis EIA en janvier 2017 après des modifications apportées à son projet initial.

Chantre du projet Heritage City, l’ancien ministre du Secteur financier, Roshi Bhadain est également monté au créneau pour la construction d’une Smart City à côté du Bagatelle Dam, alors que le projet Heritage City avait été enterré en raison de la proximité avec le barrage et des risques que le réservoir cède. “Il est clair que l’abandon du projet Heritage City dessert des intérêts privés. La preuve avec la construction de la Trianon City qui se traduira par la construction, aux frais de l’État, des passerelles en guise d’accès au site”, soutient Roshi Bhadain que Week-End a sollicité samedi matin.

Ce dernier s’insurge que “le promoteur a obtenu son permis de construction après un premier refus de la municipalité de Quatre-Bornes sans avoir soumis son nouveau plan.” Sollicité, le maire de Quatre-Bornes, Nagen Mootoosamy balaie d’un revers de main les propos de Roshi Bhadain et s’appuie sur le fait que “ce n’est qu’après plusieurs années que la marie, alors sous la houlette de Soolekha Jepaul-Raddhoa, a octroyé ce permis de construction à Hermès Properites Ltd après avoir obtenu toutes les garanties quant à la viabilité du plan final soumis. Tout s’est fait dans la transparence et, encore une fois, la ville de Quatre-Bornes sera dotée d’un espace commercial sain, attractif et réglementé.” En attendant le début de la construction dans deux mois, la compagnie Dharma Enterprise procède à l’excavation du site qui devrait prendre fin dans deux semaines.