Les religions de l’île Maurice est une adaptation d’un premier ouvrage que l’auteure Fabienne Jonca a publié à La Réunion en 2010 sous le titre La Réunion des religions. Le petit Sam raconte les neuf fêtes auxquelles il a été invité par des camarades de son quartier, et, à chaque fois, l’essentiel de ce qu’il faut savoir sur la religion concernée est expliqué. Mi-fiction, mi-documentaire, en embrassant les neuf grandes religions pratiquées ici, cet ouvrage rétablit le sens des rituels et symboles. Aussi invite-t-il très sobrement à une meilleure connaissance et une tolérance bien informée d’autrui.
Il était surprenant que dans un pays comme Maurice, où toutes les grandes religions se côtoient, qu’aucun livre n’ait encore été réalisé pour les présenter aux jeunes et favoriser ainsi dialogue et tolérance. Cette lacune est désormais comblée avec la parution récente de Les religions à l’île Maurice de Fabienne Jonca, chez Vizavi. Réunionnaise d’adoption, cet écrivain pour la jeunesse a publié, en 2010, La Réunion des religions, que l’éditrice mauricienne Pascale Siew lui a demandé d’adapter à notre pays. La tâche s’est finalement avérée plus complexe qu’il n’y paraît, car, bien qu’on retrouve sensiblement les mêmes confessions dans les deux îles, celles-ci se répartissent différemment au sein de la population et ne se pratiquent pas toujours de la même manière…
Pour Maurice, l’auteure a ajouté la foi Baha’ie aux huit autres religions présentes dans la version réunionnaise. L’hindouisme, qui est minoritaire et surtout influencé par la tradition tamoule à La Réunion, prend à Maurice une autre dimension et de multiples visages. Si le chapitre qui lui est consacré n’est pas plus long que celui dédié par exemple au catholicisme, il retient l’essence de cette religion dans ce qui réunit les pratiquants de toutes les tendances et origines, non sans expliquer cependant ce qui différencie les deux principaux courants que sont les adeptes traditionalistes du sanatanisme et les réformistes du mouvement Arya samaj.
Aussi les fêtes sont-elles ici réparties entre celles qui sont communes à tous, puis celles spécifiques aux Télégus, aux Marathis, aux Biharis, aux Tamouls et aux Arya samajistes. Le choix de ne pas aller plus en détail sur les distinctions entre courants ou pratiques est aussi assumé par le représentant de l’hindouisme au sein du Conseil des religions, le pandit Ved Gopee, qui estime préférable de mettre l’accent sur les principes communs à tous. Il serait, selon lui, trop complexe de rentrer dans plus de subtilités pour cet ouvrage s’adressant particulièrement aux jeunes. Les religions à l’île Maurice montre aussi qu’il existe pour ainsi dire autant de peuples que de pratiques et qu’un enseignement trop rigide et autoritaire ne saurait convenir à une pratique censée relier les humains et encourager le partage spirituel.