Lorsque Week-End l’avait interviewé, en août dernier, soit tout juste après sa nette domination lors de la finale du triple saut aux Jeux des Iles de l’océan Indien, disputée au stade de St Paul, à La Réunion, Jonathan Drack n’était pas passé par quatre chemins pour faire part de ses ambitions. Car il avait déjà les yeux rivés sur les Championnats du monde de Pékin, en Chine, et par conséquent, entrevoyait une qualification aux Jeux olympiques de 2016, à Rio au Brésil. Mission accompli pour le Mauricien qui s’est non seulement retrouvé en finale des Mondiaux, mais qui a aussi validé son ticket pour la plus prestigieuse des compétitions planétaires.
Les blessures lui ont souvent joué des mauvais tours dans le passé comme en 2014 où il avait été contraint de déclarer forfait aux Jeux du Commonwealth de Glasgow en Ecosse. Mais depuis, Jonathan Drack connaît une belle montée en puissance et s’il est plus régulier cette saison, avait-il souligné récemment à Week-End, c’est grâce au gros travail entrepris par le staff médical de son club, le CA Balma de Toulouse en France.  » Sans ce gros travail de l’équipe médicale, je n’aurai certainement pas connu une année aussi belle et je dis merci à tout le monde, sans oublier  mon entraîneur,  qui m’a changé mes entraînements… « . Il n’avait également pas manqué de souligner les conditions optimales dans lesquelles il s’entraînait en France et partageait sa joie de pouvoir compter sur un groupe solidaire.
Après une première participation aux Mondiaux de Russie, en 2013, où il n’avait pas été en mesure de passer le premier tour, le Mauricien n’a cette fois pas raté son rendez-vous en réalisant un saut de 16m79 pour gagner sa place en finale. Jusque-là, un seul sauteur avait pu atteindre une finale de niveau mondial, soit celle des Jeux olympiques d’Athènes en 2004 en Grèce. Avec un saut de 8m28, un autre Jonathan, Chimier pour être précis, avait disputé la finale de la longueur avec un saut de 8m28 et un record national à la clé. Sept ans plus tard, Jonathan Drack prenait une 11ème place sur les 12 finalistes avec une performance de 16m64. Une performance qui lui a d’ailleurs ouvert les portes de JO de Rio.
Et Jonathan Drack ne compte certainement pas s’arrêter en si bon chemin. Avec un record national de 16m96 réalisé à Castres en France, il envisage maintenant sérieusement les 17m. Une performance qu’il estime être capable de réaliser avant de mettre le cap sur le Brésil en août prochain et ce, grâce au soutien et à l’encadrement professionnels dont il profite au sein du CA Balma et surtout grâce aux précieux conseils de son entraîneur Dominique Hernandez.
Car selon son programme de préparation, il pourrait participer aux Championnats d’Afrique et à deux meetings internationaux pour bien se mettre en condition.  » Dans ma tête, je sens que je peux aller encore plus loin. Mon objectif est de continuer à m’améliorer. Je vais essayer les 17m et pourquoi pas 17m10 et même 17m30. Ce qui serait idéal avant d’aborder les Jeux olympiques. Car c’est toujours bien d’aborder une grande compétition en ayant juste avant réalisé une très bonne performance. Cela vous met dans de très bonnes conditions pour rivaliser avec les meilleurs. Je reste confiant… « , avait-il expliqué dans un entretien accordé à Week-End fin août dernier.
Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Jonathan Drack a le vent en poupe depuis le 12 juillet dernier où il a, pour la première fois, battu un record national vieux de 21 ans, établi le 24 août 1994 par Vissen Mooneegan, plus précisément aux Jeux du Commonwealth à Ottawa au Canada. Il avait alors réalisé un 16m53 lors des championnats de France Elite à Villeneuve d’Ascq à Lille. Par la suite, il avait survolé le concours aux Jeux des Iles avec une performance de 17m05 au premier saut, mais avec un vent favorable de +3.6 m/s. Le médaillé d’argent, le Réunionnais Stéphane Greze était lui très loin avec une performance de… 15m61 (+4.0 m/s).