POËMA ZÉPHIR

« Il y a des domaines où il n’y aura jamais de progrès, l’homme sera toujours mortel, il sera toujours soumis à la maladie. » Clément Rosset

L’homme, composé de chair et de sang est inlassablement exposé à une multitude de maux, qui n’attend qu’une brèche laissée sans surveillance pour venir faire un carnage dans ce temple sacré. Chaque mortel vit des relations variées avec la maladie. Cette dernière peut être une partenaire terriblement schizophrénique : elle peut être l’amoureuse qui, après avoir puisé toutes les ressources de votre corps, s’en ira sur la pointe des pieds, la timide qui prendra uniquement un bouchon de Biocalyptol avec vous, la mante religieuse qui vous traînera jusqu’à votre cercueil et enfin le pot de colle qui ne vous lâchera pas d’une semelle et ce jusqu’à votre dernier souffle. Elle fait partie des pires indispositions qu’on puisse consigner à un individu.

Alors, aujourd’hui, arrêtons-nous un instant et pensons à toutes ces personnes qui ont été diagnostiquées d’une maladie chronique incurable. Nous qui nous plaignons pour des bagatelles, songeons à ces misérables gens qui n’arrivent même pas à lever leurs bras au ciel, qui ne peuvent faire des batailles d’oreillers avec leurs enfants au risque d’être électrifiés de douleurs, ceux qui sont incapables de s’approcher d’un plateau de fruits de mer sans se transformer en montgolfière, ainsi que ces martyrs qui s’enchaînent à vie à une armée de médicaments et de traitements qui leur apporte un faible moment de rémission.

Fibromyalgie, diabète, épilepsie, Parkinson, asthme, allergies en tout genre, endométriose, dépression, hidradénite suppurée, Sida, leucémie, et j’en passe, des tourments dont la plupart attendent sournoisement dans l’ombre pour ensuite vous sauter dessus et vous rouer de coups au quotidien.

De plus, ça ne serait pas l’enfer pour ces pauvres malades s’ils ne devaient pas souvent faire face à l’incompréhension des médecins qui n’arrivent même pas à donner un bon diagnostic, aussi bien que des proches qui pensent que vous exagérez parce qu’ils n’ont jamais entendu parler de ce mal qui vous ronge ou de ces congés maladies forcés qui vous feront passer pour un fainéant, ainsi que de vous faire jeter par votre amoureux(se) car il/elle n’a pas le courage et la détermination de vous accompagner dans votre calvaire.

Si seulement on pouvait employer tous les moyens nécessaires pour entamer des recherches médicales pour les maladies chroniques incurables ou rares qui font des milliers de victimes chaque année, au lieu de dilapider l’argent des citoyens dans des projets superficiels. On ne sait jamais quand cette épée peut tomber sur notre tête ou sur celle de nos proches. Ne baissez pas les bras, guerriers de l’ombre ! Faites-vous connaître et ne menez pas ce combat seul.