La Mauritius Bus Owners Cooperative Federation Ltd monte au créneau et dénonce l’indifférence des autorités face à la situation des opérateurs de bus individuels. Ces derniers se disent victimes de « discrimination » car ils n’obtiennent pas de subsides du gouvernement contrairement aux compagnies d’autobus. Ils dénoncent également la concurrence illégale des taxis et vans marrons. Les dernières majorations du prix du diesel n’arrangent pas les choses non plus. Ils évaluent les pertes mensuelles découlant de ces situations à Rs 1 M par mois.

Contrairement aux compagnies d’autobus, qui ont eu des réunions de travail avec le ministre du Transport, Nando Bodha, concernant le Metro Express, les opérateurs indivi- duels n’ont pas été consultés. C’est ce que laisse entendre Sawkatali Choychoo, PRO de la Mauritius Bus Owners Cooperative Federation (MBO- CF). Ce dernier dit avoir écrit plusieurs lettres au ministre depuis 2015, sans recevoir ne serait-ce qu’un accusé de ré- ception. Il déplore ainsi le fait que ce dernier ait rencontré tous les stakeholders dans le cadre de la mise en place du Metro Express, mais « ignore » les opérateurs individuels.

Qui plus est, ces derniers di- sent faire face à une situation« très difficile » actuellement, avec une nouvelle majoration du prix du diesel et la concurrence illégale des taxis et vans marrons. « La dernière augmentation du ticket d’autobus date de 2013. Depuis, il y a eu plusieurs majorations du prix du diesel. D’autre part, il n’y a aucun contrôle des taxis et vans marrons. Les opérations crack down se sont faites seulement dans certains endroits et n’ont pas duré. »

Sunil Jeewoonarain, secrétaire de la MBOCF, évalue les pertes mensuelles découlant de cette situation à Rs 1 million. La fédération ne réclame pas une augmentation du ticket d’autobus pour autant, mais penche pour un droit aux subsides. « Le ministre a dit que Rs 2 milliards ont été accordées aux opérateurs de transport public. Nous l’invi- tons à donner des détails, à dire qui a bénéficié de ces subsides. Pour notre part, nous n’avons rien reçu. »

Les opérateurs individuels invitent à ne pas faire de confusion entre subsides et allocations pour le transport gratuit. « Les subsides, c’est l’aide que le gouvernement donne aux opérateurs d’au- tobus pour pouvoir opérer. Nous n’y avons pas droit. En revanche, l’allocation pour le transport gratuit, c’est notre dû, car nous avons transporté des passagers. C’est le governement qui a décidé que les personnes du 3e âge et les étudiants voyageraient gratuitement. Nous, nous offrons le service et nous sommes payés pour cela. »

La MBOCF a ainsi saisi l’Equal Opportunities Commission pour dénoncer une « discrimination » sur l’attribution des subsides. « Nous aussi nous sommes des opérateurs. Nous contribuons également à l’économie du pays. Nous offrons de l’emploi direct à 2 800 personnes et de l’emploi indirect pour les différents services à environ 500 personnes. En sus des difficultés évoquées, nous avons dû ajuster les salaires selon les recommanda- tions du NRB, soit une augmentation de 19 % et payer la compensation salariale, entre autres. Conséquence, nos finances sont aujourd’hui dans le rouge. »

La fédération prévoit un grand rassemblement à la fin de mars, à L’Agrément, St-Pierre, pour décider de la marche à suivre. Doit-on s’attendre à une grève des autobus individuels ? Sunil Jeewoonarain ne souhaite pas en arriver là. « Toutefois, nous espérons que nous n’allons pas nous trouver dans une situa-tion, à l’avenir, où nous serions incapables de sortir les autobus du garage, faute de moyens. »

On compte à ce jour environ 800 autobus individuels à travers l’île. La fédération comprend 750 membres. Elle fait appel au Premier ministre pour qu’il s’intéresse à ce dossier.