Leurs mains se frôlent. Se cherchent. S’effleurent, le temps d’un instantané. Caresse de velours inavouée. Et le sentiment que personne ne les a vus. Comme si rien autour n’existe, ne compte que l’immédiateté du réflexe et l’excitation du risque. Se faire surprendre sur les bancs du jardin pudique. Délice exquis. Vertiges enivrants. Bouquet de proses que j’aurais aimé composer à 17 ans, lorsqu’on n’est pas sérieux. Amour ou passion, saura-t-on un jour ?
Et juste après cela, lisez qu’un mec s’est fait sectionner le poignet (comme dans une quelconque monarchie pétrolière) par une horde de barbares. Que la déroute attend les jeunes au tournant. Et dans un registre scatologique, qu’un drenaz finn bouse depi 1 an. Alors que vous prenez le petit-déjeuner. Je vous épargne le déjeuner… L’état actuel du pays me dégoûte. Ki pou fer la, patron. Demay lakord pandi pou swadizan met lord ?
Entre-temps, galant et maîtresse posent pour une photo. Car prendre maîtresse est une volupté des puissants du jour, comme ceux de nuit. Est-ce signe de virilité que de chosifier la femme en berline ? Exhibée en objet-accessoire, évaluée autour d’un drink ou d’un grog entre connaisseurs ? Et chacun étalerait les vertus de sa carrosserie… “Elle ne suce pas sur l’autoroute mais tète en ville.”
Sous des allures de saint homme, ceux-là viendront prêcher une ligne de conduite ! Showkut se serait fait flasher. Bref. Les histoires d’amour passionnent la fine fleur de la populace. Et on zappe les réels enjeux. Tous les mêmes ! Qu’importe la couleur de l’étendard.
“Intérêt supérieur de la Nation”. J’ai entendu ce terme mâché dans la bouche de Ravi. Ce monsieur, jadis mince et toujours en verve, louangeait déjà le père solaire. Serait-ce que l’insolation du pouvoir déraisonne ? On laisse ouïr des entourloupes à propos du gars qui naguère sembla sympa, mais qui hélas a pris de l’embonpoint et une certaine épaisseur… Est-ce le résultat de bouffer richement et ne pas pratiquer de sport, sinon que sur ordi ? La cote de Ravi accuserait une inflation négative. 
Une autre course. Les challengers trépignent. Les favoris sont connus. Nous les avons vus “performer”. N’est-ce pas plus excitant de miser sur un poulain prometteur, quoique n’ayant jamais couru la prestigieuse Belle Rose Cup ? Au train où vont les choses, nos amis parieurs de profession et autres zougader international ainsi que les bookmakers devront organiser une tombola pour la partielle du 18. Chevaux, foot, politique : des addictions bien mauriciennes autorisées par l’État.
Une pensée ce matin me traverse. Je me suis souvenu du ras-le-cul provoqué par Navin. Rien n’a changé dans le champ politique. Toujours les mêmes rengaines. Le peuple est toujours dindonisé. Pravind ou Navin, c’est kif-kif bourricot. Un demi-siècle que ça dure. N’oublions pas Paul. Des coursiers en bout de piste, à bout de souffle. La petite chroniqueuse que je suis croit que ce pays a besoin d’idées neuves et flamboyantes pour avancer.
Je n’ai pas pris connaissance de projets proposés par les nouveaux venus. Je suppose que cela ne saurait tarder, maintenant que lekours inn large. Voter pour une rupture, je veux bien. Mais lequel, bordel ? Nous ne reviendrons pas sur la date décrétée (17 décembre). Pissons ! Qui récoltera l’assentiment des électeurs ? Sera-ce un résistant alternatif ou un grand badin, ou je-ne-sais-qui d’autre. Et notre grand timoré, dans tout ça ? 
Le petit train est alourdi de complications. Faudra raser Arab Town à Rose-Hill (adieu bwar fre, marsan trwa pom ek marsan sevret) et “évacuer” le marché de Belle Rose. Et ce sera comme ça jusqu’aux hauteurs curepipiennes ? Une traînée de grognements gronde. Que pourrait bien promettre “le petit prince sans rire” pour amadouer (restons polis) le peuple aux élections générales. Une allocation-chômage aux jeunes gradués, peut-être ? Seule la bêtise insiste dans la connerie.
N’oubliez pas de payer votre taxe… dans l’intérêt supérieur de la Nation ! Bisous.