L'ambassadeur russe à Maurice aux côtés du chef du gouvernement, mercredi lors de la Fête nationale russe à l'hôtel Hilton

Le président de la République par intérim et l’ambassadeur de la Russie à Maurice l’ont tous deux clamé ce mercredi : « Long live Mauritius and Russia relationship », ont lancé respectivement Barlen Vyapoory et Konstantin Klimovskiy, en ce jour de Fête nationale russe.

La réception tenue à l’hôtel Hilton, Flic-en-Flac, hier soir, a servi à rappeler que le 12 juin 1991 a été reconnue la souveraineté de la Russie sur l’Union Soviétique. Permettant dans la foulée de relever la longue relation entretenue avec Maurice depuis le 17 mars 1968.

Dans son allocution en français et en anglais, Konstantin Klimovskiy a réaffirmé le soutien russe dans le combat contre l’« illegally detained Chagos ». Et a rappelé le « rôle clé » de la Russie dans la décolonisation de l’Afrique.

Les liens de la Russie avec l’Afrique se renforcent alors que les investissements russes ont quasiment triplé dans le continent depuis le début des années 2000.

Bientôt se tiendra le comité interparlementaire entre dirigeants russes et africains. Et ce, peu avant le grand rendez-vous de Sotchi, où aura lieu le premier sommet Russie-Afrique le 24 octobre.

(De g. à dr.) Pravind Jugnauth, Ivan Collendavelloo, Sarojini Jugnauth et Anerood Jugnauth au Hilton ce mercredi

Alors que s’affirment les visées de la Russie pour l’Afrique, des soupçons de collusion présumée avec des leaders africains fuitent dans la presse.

D’abord en avril, la BBC a fait état de l’ingérence russe alléguée dans l’élection du président malgache Andry Rajoelina, qui a nié ces allégations.

Puis le mardi 11 juin, le journal britannique The Guardian a publié que, d’après un document ayant fuité, « la Russie cherche à appuyer sa présence dans au moins 13 pays à travers l’Afrique en entretenant des relations avec des dirigeants actuels, des négociations militaires, et une nouvelle génération de leader et d’agent infiltrés ».

Parmi les pays concernés se trouveraient, selon The Guardian, « Madagascar, l’Afrique du Sud et le Zimbabwe ».

« Des Russes ont-ils tenté d’interférer dans les élections sud-africaines? », a titré Courrier international, en mai, retranscrivant une enquête d’un média de l’Afrique du Sud.

Le chef du gouvernement et le chef d’Etat (à gh.), tout comme le ministre Bodha et le DPM (à dr.), ont gratifié cette réception de leur présence

Maurice occupe pour sa part le rôle de « hub financier » auprès de la Russie, a souligné l’ambassadeur russe. Une plate-forme qui permet notamment de faciliter l’investissement russe en Afrique.

A la fin de l’année dernière, l’Economic Development Board soulignait que l’investissement direct de l’étranger (FDI) depuis la Russie à Maurice s’élevait à USD 3.9 M en 2017, alors que l’export vers la Russie se chiffrait à USD 2.1 M.

Devant un parterre d’invités hier, Konstantin Klimovskiy a évoqué les avenues de coopération creusées entre Port-Louis et Moscou. Revenant, entre autres, sur les secteurs de la pêche, du tourisme, de l’immobilier, du sport et de la culture – avec la traduction d’œuvres littéraires russes en kreol mauricien.

Sans élaborer, Konstantin Klimovskiy a mentionné le dossier de l’éducation, ce sujet épineux depuis la décision, en 2016, du Medical Council d’exclure les universités russes de la liste des centres d’enseignement médicaux reconnus à Maurice.

D’autre part, l’ambassadeur russe a félicité le Premier ministre, Pravind Jugnauth, de la présentation « réussie » du Budget 2019/2020 le lundi 10 juin. « J’espère que le Budget servira les intérêts de la nation », a commenté l’ambassadeur russe.

Pravind Jugnauth n’a, lui, exprimé aucun commentaire sur le Budget.

Par ailleurs, le Dr Ranjit Radhay, président de la Mauritian Russian Friendship and Cultural Federation, a reçu une décoration des mains de l’ambassadeur russe pour son dévouement à étendre et entretenir les relations entre la Russie et Maurice.