Les mendiants de faveurs

La petite corruption n’a cessé de croître et pourtant, elle est souvent banalisée dans l’inconscient collectif. Si la grande corruption, (détournements de fonds, évasion fiscale, exonération et franchise illégale) est sévèrement punie lorsqu’elle est détectée, la petite corruption n’est pour sa part pas vraiment prise au sérieux. Les mendiants de faveurs sont de plus en plus nombreux à chercher un « ti backing » auprès des gens influents. Et c’est avec une facilité incroyable qu’on brandit le terme « backing » de nos jours. Pour beaucoup, le « ti backing » ou le « ti koze ar untel » est devenu indispensable pour l’obtention d’un poste ou pour décrocher un contrat. Sans gêne. Sans honte. Sans la moindre pudeur.
« Qui ne tente rien n’a rien », nous diront les mendiants de faveurs. Il faut tenter le tout pour le tout, et ce même s’il faut marcher sur le cadavre de son prochain. Supplications, pleurs, numéros de cirque ; tous les moyens sont bons pour parvenir à ses fins.  Parmi les formes les plus répandues de corruption, on retrouve les pots-de-vin afin d'accélérer certains services, le trafic d’influence, l’abus de fonction, le favoritisme et les cadeaux illicites. Il s’agit d’un véritable fléau qui pervertit la société. Les mendiants de faveurs sont des véreux, des débauchés sans scrupule qui constituent hélas une menace pour les gens qui veulent honnêtement réussir.
Toutefois, un fait reste indéniable : les corrompus qui réussissent un jour ne réussiront pas pour toujours. Tout se paie. L’argent sale ne pourra s’assainir.  L’abus de fonction est souvent sanctionné par le reversement du pouvoir. Un voleur de biens finira par être démasqué en cour. Une charmeuse en constante ébullition finira un jour en vieille poupée dégonflée et flétrie. On finit toujours par payer le prix de la malhonnêteté, toujours…