L’Association of Fishing Operators (Mauritius) a adressé une lettre au ministère de la Pêche afin de réclamer une rencontre « urgente » avec les différentes parties concernées par leur situation. Ces compagnies de pêche veulent attirer l’attention sur le danger que représente l’ouverture des bancs aux bateaux étrangers, ces derniers menaçant selon eux l’emploi de 5 000 à 10 000 Mauriciens.

L’association, qui regroupe 17 compagnies et coopératives, avec un total de 34 bateaux de pêche opérant notamment sur les bancs de Nazareth et Saya de Malha, se dit dans l’incertitude. Raison invoquée : la mesure budgétaire permettant aux bateaux industriels étrangers de pêcher sur nos bancs et vendre leurs poissons sur le marché local. Elle fait ressortir que la situation dans ce secteur « est déjà difficile » avec la baisse des prises et la concurrence du poisson importé, notamment de Chine, d’Inde, d’Indonésie et du Vietnam. « Si cette mesure budgétaire est appliquée, elle causera la mort des opérateurs locaux », disent les principaux concernés.

Ce secteur concerne un millier d’emplois directs et entre 5 000 à 10 000 emplois indirects. On y compte 29 bateaux semi-industriels et cinq bateaux industriels. Quatre compagnies – à savoir Hassen Taher Fishing, Rodia Fishing Ltd , HK & D. Nandee Co Ltd et Shandrani/NCS – opèrent également dans la transformation. « Il y a donc des risques sérieux de pertes d’emplois si aucune solution n’est trouvée pour redresser la situation. » L’association souhaite donc que les différentes parties – à savoir les ministères de la Pêche et des Finances ainsi que des représentants du PMO – se mettent à la table des discussions. Outre les difficultés par rapport aux bateaux étrangers et à l’importation, les opérateurs réclament également la mise sur pied d’un “one stop shop” pour l’octroi des différents permis nécessaires à leurs activités, et ce afin de faciliter les démarches administratives.

Les compagnies et coopératives de pêche précisent également qu’ils contribuent à l’économie du pays. Ils disent aussi avoir investi plus de Rs 600 M dans leur business. D’autres ont contracté des emprunts auprès de banques. Elles évoquent par ailleurs des difficultés à trouver des pêcheurs formés à la pêche hauturière et des skippers, les jeunes n’étant « pas intéressés » à se lancer dans ce domaine.