— On n’a pas voulu l’écouter, on croyait qu’elle était en train de divaguer, mais ma tante avait raison.

— Ta tante qui n’est jamais contente ? Celle qui a toujours quelque chose à redire sur tout.

— Tu n’as pas besoin de faire ton foutan avec ma tante, je te dis. C’est vrai que souvent elle dérape, mais pour une fois elle a raison, je te dis.

— Elle a raison sur quel sujet ?

— La fin est proche, toi.

— Celle de la résidente ? Il y a longtemps que j’avais dit que ça allait finir comme ça. Seulement pour être juste, elle a au moins une circonstance atténuante.

— De quelle circonstance tu veux parler ?

— Mais enfin, toi : on ne donne pas une carte de crédit d’un million à une femme qui vit dans les boutiques duty free des aéroports ! C’est une trop grande tentation ! C’est comme qui dirait « met lisien veille saucisse », comme le disait Mgr Margéot.

— Tu as peut-être raison. Mais ce n’est pas de la fin

de la présidente que je te parle.

— De quelle fin es-tu en train de me parler alors ? Celle du MMM : ça aussi tout le monde savait que ça allait arriver.

— Tu vois comme tu es : tu as toujours besoin de tout ramener à la politique. Et surtout contre le MMM. Qu’est-ce que le parti t’a fait : il t’a volé ta fortune ?

— Non, le MMM m’a volé mes rêves, ce qui est beaucoup plus grave !

— Aio, ça même qui s’appelle causer pou ki la bouche napa pi ! Je ne parlais pas politique, moi. Je te parle d’une chose beaucoup plus importante : de la fin du monde qui s’approche à grands pas !

— C’est ta tante qui dit ça ?

— Il n’y a pas qu’elle qui dit ça, toi. Les signes de la fin du monde sont là. Il suffit d’ouvrir les yeux et de savoir regarder.

— De quels signes es-tu en train de parler ?

— Quels signes ? Tu ne vois pas ce qui se passe en Syrie, en Israël, en Amérique, en Corée du Nord, en Afrique et en Angleterre, où après avoir voté pour sortir de l’Union européenne, les Anglais veulent revoter pour rester cette fois !

— Tout ça, ce sont des erreurs que font les électeurs et les dirigeants politiques. Regarde ici même : on a bien voté pour Lalians Lepep en 2014, non ?

— Mais il n’y a pas que les erreurs que les hommes font. Il y a surtout les signes qu’il nous envoie pour nous dire qu’il est bien emmerdé avec nous.

— Kisenla ki est emmerdé avec nous : Bérenger ?

— Aio, tu vois comme tu es : tu ramènes toujours tout à politique. Je te parle du grand bonhomme de la haut, foutour va ! Tu as vu à quel point il est en colère contre nous. Tu as vu les signes qu’il nous a envoyés.

—NemedispasquetuesentraindeparlerdeDieu?

— Oui, je te parle de lui et des signes qu’il a envoyés et que les gens comme toi refusent de voir.

— C’est pas parce que Trump est en train de faner que

— je ne parle pas de Trump, mais des autres signes. Quels signes ? Tu n’as pas vu le grand froid en Europe, les tempêtes géantes dans le Pacifique, la sécheresse, en Afrique et les inondations en Amérique

— mais tout ça, ce sont des phénomènes naturels qui sont associés au changement du climat

— et tu as vu chez nous depuis décembre : pluies diluviennes, trombes d’eau, l’orage ou avec ou sans pluie et maintenant un tremblement de terre. Un tremblement de terre à Maurice ! Ce ne sont pas des signes ça ? Ce ne sont pas des signes de la colère du bonhomme qui annonce la fin du monde. C’est la fin, je te dis. C’est la fin.

— Je te répète que ce sont des phénomènes naturels, foutour va !

— Et qui contrôle la nature tout comme chose sur la terre, sinon le grand bonhomme de là-haut. ? Il est mari emmerdé contre nous je te dis, et il nous fait savoir que la fin est proche.

— — Hé toi-là, ne me dis pas que tu es entrée dans une de ces nouvelles églises qui envoient des gens te voir pour essayer de te convertir ? Tu es rentrée dedans ? !

— Je ne suis entrée aucune part. J’ai seulement ouvert les yeux et les oreilles, entendu le message et j’ai compris que la fin approche.

— Laisse-moi te dire que tu fais peur quand tu causes comme ça. Tu parles comme ces extrémistes qui répètent des choses qu’ils ne comprennent même pas.

— Et toi tu parles comme tous ceux qui ne veulent pas entendre le message et voir les signes qui annoncent que la fin est proche.

— Ecoute : essayons de discuter, de raisonner cal- mement Hé où tu vas comme ça ?

— Je ne veux pas discuter. Il n’y a qu’une seule chose qu’on doit faire : c’est prier, et ce que je vais aller faire. Et rassure-toi : même si tu ne veux pas entendre et voir les signes, je vais prier pour toi !