GÉRARD BAUNGALÉA

Pour la deuxième fois cette année, après les Jeux des Iles, tous les Mauriciens, toutes fois confondues, seront réunis en une nation arc-en-ciel pour accueillir le Saint Père, le Pape François, dans notre petite île. Depuis que l’annonce nous a été communiquée officiellement, conjointement par le gouvernement et le diocèse de Port-Louis, nombreux n’ont pas caché leur immense joie et ont même dit que notre île est un pays béni car ce sera la deuxième fois que nous accueillons le Pape, soit après la visite de Saint Jean Paul II en 1989.

Cette visite tombe à point nommé car c’est vrai qu’en termes de développements infrastructurels et économiques le pays progresse, mais nous constatons avec crainte et tristesse le nombre croissant de victimes d’accidents de la route, de violences domestiques, de la drogue synthétique, de crimes et la dégradation des mœurs et de l’environnement.

Parmi toutes ces victimes, il y a surtout un très grand nombre de jeunes partis trop tôt, laissant derrière eux des parents qui arrivent très difficilement à faire leur deuil. Alors, nous nous posons la question suivante : pourquoi une si grande perte de valeurs dans notre petit pays où, apparemment, il fait bon vivre ?

Sans vouloir me prendre pour un grand expert, je note, personnellement, une perte de valeurs chez nos jeunes et aussi chez nos moins jeunes. Malgré les efforts de nos religieux, nos lieux de culte deviennent de plus en plus déserts. Pour nous justifier, nous trouvons nos religieux, déconnectés de la réalité, nos religions trop traditionnelles et qui ne répondent pas aux problèmes actuels tels que l’avortement, l’euthanasie, le mariage des prêtres qui, selon nous, éliminera la pédophilie dans leurs engagements sacerdotaux, la peine de mort, et j’en passe.

Pas mal de catholiques ne vont plus ou vont très rarement (d’autant plus que pour les grandes fêtes et le carême) à l’église parce qu’il y a trop d’hypocrites qui s’y rendent, les messes sont trop longues, les homélies interminables et qui font dormir, le réveil très difficile après des nuits de samedi bien arrosées et, bien sûr, nos enfants ne peuvent rater leurs leçons particulières les samedis et dimanches pour aller à la messe ou s’engager dans les différents groupes ou mouvements pour les enfants et jeunes. Et quand nos enfants et nos jeunes tombent dans des fléaux et que certains y laissent même leur vie, la faute revient toujours aux professeurs, aux religieux et aussi au gouvernement.

Face à ces situations, nous, parents désarmés et désemparés, cessons de trouver des bouc-émissaires pour jeter le blâme. Ne perdons pas espoir car, je suis sûr que notre Saint Père le Pape François aura un très beau message pour nous parents et surtout pour nos jeunes.

J’espère entendre dans son message aux Mauriciens un retour à l’essentiel, aux traditions, aux valeurs et à la religion. Un retour au sens du partage, à la solidarité, à la bonne entente dans la famille comme dans le voisinage. J’attends aussi dans le message du Pape, grand défenseur de l’environnement, un retour à la terre pour mieux la protéger, pour mieux produire nos légumes, fleurs et autres plantes sans élément chimique, pour moins salir ou polluer, pour embellir…

J’attends enfin du message du Pape un retour vers l’esprit de famille. Nos jeunes ont un vrai besoin de repères. Mettons de côté nos smartphones pour recréer le dialogue dans la famille, dîner en famille, sortie en famille, aller à la messe en famille, prier en famille, ou encore vivre comme une vraie famille de Dieu pour une vie meilleure, une Ile Maurice meilleure où règnent l’harmonie sociale et la paix.

Accueillons ensemble notre Saint Père comme la grande famille mauricienne unie dans la joie et la ferveur.