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Lettre à mon ami Xavier

Mon cher Xavier,

nous vivons dans un tout petit pays, en plein océan, sujet aux cyclones et autres tsunamis qui peuvent être dévastateurs. Sans compter des guerres qui se préparent. Il ne faut pas que le pays émule la grenouille de la fable qui se voulait faire aussi grosse que le bœuf. Tu ris, parbleu ! Tu sais plus que moi qu'il n'imprime que des roupies. Pas des dollars, euros, roubles, yens ou yuans. Qui en veut vraiment, si ce n'est pour la consommation locale ? Il est l'otage des aléas de ces monnaies dites « fortes ». Pourquoi ne pas en réduire la dépendance ? Comment ? Use de ton imagination, mon cher ! L'Iran commerce son pétrole avec l'Inde sans qu'il y ait transfert de devises. Il y a des Rodriguais qui peuvent se passer des roupies et parviennent tout de même à vivre. Alors ?
Et quid des intérêts sur nos dettes ? C'est là où le bât blesse le plus. Le président Mitterrand jadis gommait les dettes de certains pays africains. Madame Lagarde pourrait bien en faire autant pour nous, n'est-ce pas ? De par nos relations très spéciales. Sinon, elle pourrait bien passer le mot aux clubs. De la finance, bien entendu. Pas de foot, qatari ou autre.
En parlant de dettes, je pense à nos malheureux rejetons et à d'autres qui ne sont pas encore nés. Et encore à d'autres qui, peut-être, ne verront jamais la lumière du jour à cause d'une loi scélérate promulguée récemment. Qu'ont-ils fait, nos chers enfants et petits-enfants, pour avoir à trimer afin d’enrichir les riches ? Il est vrai qu'aujourd'hui les pays pauvres financent les riches qui s'en servent pour faire la guerre. Tu n'y crois pas ?
La réalité, mon cher, c'est que nos dettes ont, aujourd'hui, atteint des sommets astronomiques. Je ne t'apprends rien. C'est comme si le pays était en train de marcher avec une béquille. Des centaines de milliards de roupies, tu te rends compte, avec onze zéros, en principal ; et des dizaines de milliards, avec dix zéros, en intérêts ! Quand arriverons-nous à rembourser tous ces zéros, vu que les zéros se multiplient d'année en année par la magie de l'intérêt, cet artifice abominable digne de Shylock ? Déjà, cela prendrait, paraît-il, six ans pour rembourser ne serait-ce qu'un quinzième de la somme. Donc, si mon compte est bon, il nous faudra 90 bonnes années pour rembourser le tout. Oh là là, que de bonnes années à venir… Et encore, faut-il que la bonne dame nous aide à biffer les intérêts ! Sinon, il faudra fermer boutique un jour. Adieu veau, vache, cochon, couvée !
On comprend maintenant, mon cher ami, pourquoi tu ne regardes pas la caméra quand tu parles. Comme Obama. Toi, au moins, tu conserves le sens de la pudeur. Pas comme tant d'autres ! Le peuple en a marre d'eux. Il vient de l'affirmer haut et fort à qui veut l'entendre. Écrasé comme il est et tout couvert de ramées comme le bûcheron de la fable, il n'en peut plus. Il rejette tout. Le système. Les hommes. Les femmes. D'un côté comme de l'autre. « Le peuple a faim », avait dit Rama. Gare donc à sa colère !
A bien y penser, mon bon ami, que faites-vous, toi et le bon docteur, dans cette sale galère ? Ne voyez-vous pas que les vautours et les louves, autour de vous, sortent déjà leurs griffes ? Ce sera bientôt la panique à bord de l'idyllique Titanic du roi-lion. N'est-ce pas maintenant l'heure de partir ? A quoi bon jouer aux héros ? Peut-être qu'en se mouillant dans l'eau avec le peuple, vous et vos expériences seront de quelque utilité ! Pourquoi continuer à cautionner, vous deux, le couple adultère, la grande gueule, le frère prodigue, le mal aimé et le fils du mal aimé ? N'est-ce pas immoral et indigne ?


Commentaires

que proposez-vous pour le couple adultère? La lapidation ou la mise à mort,,,?E n quoi c'est otre problème?

Vous avez raison, Malala, ça ne peut être mon problème; il faut y rester loin, très loin même. Car, voyez-vous, l’acte d’adultère, étant le viol d’un commandement divin, est une malédiction: de tels violeurs, s’ils ne se repentent pas, en payent les conséquences ici-bas et dans l’au-delà.
Ici-bas: la disparition de la splendeur du visage, une vie très courte et une pauvreté permanente.
Dans l’au-delà : la colère de Dieu, le mauvais compte et le châtiment du Feu.