La British Library va mettre en ligne des extraits inédits du manuscrit de la pièce Thomas More. Écrit en 1590, le texte de l’auteur britannique résonne étrangement avec la crise migratoire qui touche actuellement le continent européen.
« Imaginez le spectacle de ces malheureux étrangers, Leurs bébés sur le dos, avec leur misérable baluchon, Marchant péniblement vers les portes et les côtes pour être déportés ». Cinq siècles après ces lignes malheureuses, la pièce écrite par plusieurs dramaturges dont Shakespeare semble plus que jamais d’actualité.
Redécouvert par la British Library, le manuscrit écrit par la main de Shakespeare sera présenté au public du 15 avril au 3 septembre parmi 300 documents numérisés, annonce The Guardian. Une exposition orchestrée à l’occasion du 400e anniversaire de la mort de Shakespeare. Les textes seront également disponibles sur leur site.
Le manuscrit rappelle étrangement la crise des réfugiés qui frappe l’Europe aujourd’hui. Dernier livre écrit par le célèbre auteur, Thomas More met en scène les révoltes qui ont bouleversé le règne d’Henry VIII, en 1517. Les Londoniens s’étaient alors révoltés contre les réfugiés italiens qui débarquaient en masse dans la capitale britannique. Dans le passage écrit par Shakespeare, l’humaniste et conseiller du roi, Thomas More, défend les populations étrangères et demande aux habitants de Londres de faire preuve de compassion.
« La pièce a été écrite à un moment où les tensions étaient importantes en Angleterre en raison du nombre important de protestants français, les Huguenots, qui cherchaient l’asile dans la capitale », précise leGuardian sur son site.
« More appelle les foules à avoir de l’empathie pour les immigrants, ou les étrangers, comme on les appelle dans le texte. Il leur demande d’imaginer ce que cela serait si eux allaient en Europe, en Espagne ou au Portugal. Ils seraient eux-mêmes les étrangers », ajoute Zoe Wilcox, une responsable de l’exposition pour la British Library. Avant de conclure: « Il les implore de rejeter ce qu’il appelle ‘leur inhumanité montagneuse’. C’est frappant et triste à quel point cela semble pertinent pour nous, lorsqu’on sait ce qu’il se passe actuellement en Europe.»