L'occasion ratée de célébrer dignement la journée de la non-violence

Toute naissance est promise à la violence de la mort ; seule certitude et dénominateur commun des êtres humains.  Nul être vivant n’a encore fait l’expérience de la seconde ultime où le cœur s’arrête, où les sens et le corps deviennent  inertes à jamais  pour écarter la brutalité associée à ces départs? De plus, la perte d’un être aimé génère, quoiqu’on en dise, un chagrin profond, une grande  mélancolie. Ces émotions s’expriment sous des formes et ont des degrés différents, mais elles ont pour toile de fond la violence d’une disparition.
Certes inéluctable, notre trépas est précédé d’une invitation à la table de la vie. Dans l’idéal, lorsque le mal est écarté, l’incivilité chassée et les larmes évitées, essuyées ce grand repas devrait être d’une convivialité inestimable ou l’amour serait Roi. La concrétisation de cette utopie ne dépend que de nos choix. C’est là, le grand combat de la civilisation depuis la nuit des temps.
Où en sommes-nous aujourd'hui ? Il n’est pas nécessaire de consulter les nouvelles pour nous rendre compte de la part belle que nous faisons aux poisons susceptibles à nous flanquer d’indigestions souvent fatales, mais elle nous en donne de réguliers échantillons !
Tenez, depuis le 2 octobre dernier, nous avons encore eu droit à un mortel délit de fuite, une grave agression contre un Maître d’école, une fatale collision et un viol en série pour ne citer que quelques exemples.
Pourtant, le 2 octobre dernier, le monde dressait la table de la non-violence à travers la Journée internationale consacrée à cette valeur. Nous aurions pu croire que les heures qui suivraient seraient marquées par le toast de la vie et que les nouvelles participeraient au grand repas de l’harmonie. Ce festin, auquel nous sommes conviés depuis la nuit des temps, a été reporté malgré la globalisation des sollicitations officielles.
L’invitation à cette journée a-t-elle été entendue dans notre île paradisiaque ? La table a-t-elle été dressée, décorée ? Le parfum du vin d’honneur en hommage à la non-violence a-t-il titillé nos nez ?  
Nous aurions pourtant intérêt à mieux diffuser cette invitation planétaire à la table de la vie. Car si la mort est une réalité, une culture du désespoir qui dénie le festin de la vie est une violence inouïe que nous nous infligeons de façon insidieuse, nous rapprochant ainsi d’une grande faucheuse que nous craignons tous.