Dernier gadget hi-tech en vogue, le drone fait rêver beaucoup de personnes, notamment les jeunes, plus particulièrement ceux qui sont séduits par les possibilités de prises de vues aériennes. Disponibles dans les magasins depuis quelque temps, les drones ne sont cependant pas des jouets, insiste Hassan Oozeer, directeur d’iSpace, société qui importe des modèles de la marque DJI et qui en a fait une démonstration à Grand-Baie La Croisette, le week-end dernier.
Si tous les drones de loisirs (ou drones quadrirotor) ne sont pas dotés de caméras, ce sont les modèles qui en ont qui sont les plus populaires. Sorte de mini-hélicoptère à quatre hélices télécommandé, le drone, lorsqu’il est doté d’une caméra de type Go-Pro ou autre, peut prendre des photos et des vidéos à partir d’une certaine hauteur, pour des besoins professionnels comme pour la simple passion de la photographie. Selon les modèles, il peut parcourir jusqu’à un 1,5 km, à quelques centaines de mètres au-dessus du sol, et prendre des photos ou des vidéos, même en cas de perturbations atmosphériques. « Cela peut être une forme d’amusement mais ce n’est pas un jouet, lorsqu’on sait qu’il coûte entre Rs 25 000 et Rs 130 000, dépendant du modèle », souligne Hassan Oozeer.
Sans une formation adéquate aux normes de sécurité et aux techniques de navigation, le risque de crash est en effet grand. Il faut apprendre à commander et maîtriser son drone, ce qui d’autant plus indispensable dans le cas d’un photographe ou d’un cameraman. « C’est avant tout un outil de travail ».
Si un modèle de base suffit pour des événements familiaux, il existe aussi des modèles qui peuvent survoler des sites difficilement accessibles. On les utilise dans certains pays comme l’Australie ou les États-Unis pour détecter des foyers d’incendie. Certains modèles, poursuit Hassan Oozeer, sont utilisés pour semer des graines à intervalle régulier pour l’agriculture. D’autres encore survolent des avions au sol pour trouver des failles dans le fuselage. La police, de même, utilise des drones pour observer les activités louches dans certains endroits.
Hassan Oozeer explique qu’actuellement, ses techniciens ne fournissent qu’un hand-over training à l’utilisateur, s’il le souhaite. On lui montre comment utiliser la télécommande, comment attacher un iPhone ou un iPad à cette dernière pour qu’il affiche la zone que le drone est en train de survoler. « On voit le drone quand il se trouve à 50 ou 100 mètres de vous, mais certains modèles volent jusqu’à une distance de 1,5 km. Donc, vous devez savoir ce qu’il est en train de faire, et surveiller en outre l’état de la batterie car celle-ci ne dure pas plus de 20 minutes », dit-il. On peut programmer le drone pour qu’il retourne à la base au moment que l’on veut mais puisqu’il rentre toujours en ligne droite, on doit s’assurer qu’il n’y a aucun obstacle sur sa voie.
À Maurice, l’utilisation d’un drone n’est, pour l’instant, pas régulée. Hassan Oozeer indique qu’en l’absence d’un cadre légal, « nous misons beaucoup sur le responsible flying ». « Il y a déjà des no-fly zones officielles tels que le port et l’aéroport mais il faut aussi respecter la propriété privée », fait-il ressortir, avant d’ajouter qu’en tant qu’entreprise responsable, « nous souhaitons un cadre légal pour l’utilisation des drones dans notre pays, tout comme pour le téléphone mobile, pour que l’on puisse retracer le responsable d’un problème quelconque ».
Le marché du drone à Maurice reste assez confidentiel encore, mais il se développe, affirme notre interlocuteur. « On ne vend pas 10 ou 15 drones par jour. Mais le plus important est d’avoir un stock de pièces de rechange telles les hélices, les moteurs et les filtres ».
Avoir, pour découvrir les possibilités des drones, un film avec des vues aériennes de Maurice : https://vimeo.com/123943460.