Les premiers parents à venir prendre connaissance des résultats de leurs enfants respectifs à l’école primaire Lorette de Port-Louis sont arrivés dès 8 h 30 ce matin. Si pour certains c’était le soulagement et la joie après s’être vu attribuer un collège relevant de leur premier choix, d’autres étaient moins satisfaits.
Un parent devait regretter qu’« en dépit des réformes annoncées depuis plusieurs années pour soulager le fardeau des élèves du CPE, le stress était encore là ». La directrice de l’établissement Marie Noëlle Rima, pour sa part, se dit « dans l’ensemble satisfaite de la performance de ses élèves ». « Nous savions que, pour certains, cela allait être difficile, mais, pour d’autres, il y a eu de bonnes surprises », dit-elle, tout en précisant que le pourcentage de réussite était toujours en cours de compilation. Adriana Kanasava Poullé, accompagnée de ses grands-parents, est profondément émue. Après avoir décroché 5 A +, c’est au QEC, son premier choix, qu’elle vivra sa première année de collège l’année prochaine. Pourquoi le QEC ? « J’ai remarqué que c’est la compétition qui me fait avancer ». Son enseignant en CPE, Patrick Marie, fier, déclare : « C’est elle que je déléguais quand j’avais des difficultés avec certains élèves. Elle était toujours prête à les aider. Sa force est sa générosité. Elle n’est pas fermée sur elle-même. »
Stéphanie Oliva, autre enseignante, n’a pu contenir ses émotions lorsqu’une de ses élèves, Noémie Pierre-Louis, les larmes aux yeux, est venue l’embrasser pour la remercier de son apport. Avec 4A + et un A, la jeune fille n’en revenait pas d’avoir eu le collège qu’elle avait choisi en premier : la SSS GMD Atchia. « Elle passait beaucoup de temps devant la télé, mais elle travaillait bien en classe », devait commenter M. Pierre-Louis. Pour ce père de quatre enfants dont l’aînée prépare un LLB à Londres et le cadet est en Form V, « la motivation est la clé de la réussite. Je dis toujours à mes enfants que je n’accepte pas les résultats médiocres, sans les stresser pour autant. » Quant à la famille Cossigny, mère et père étaient « soulagés » que leur fille ait pu avoir le collège Lorette de Port-Louis. Pour le père, toutefois, « après trente ans, c’est le même stress. On a parlé de réforme, mais rien n’a changé ».
L’enseignante Stéphanie Oliva témoigne : « Je connaissais tous mes élèves pour avoir fait les Std I et II avec un groupe, III et IV avec un autre et V et VI avec tout le groupe. Quand je vois des larmes de joie de mes élèves, je suis comme une mère ayant le sens du travail accompli et je suis satisfaite. »