Lors d’une rencontre lundi avec le ministre du Travail, des Relations industrielles, de l’Emploi et de la Formation, Soodesh Callichurn, la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP) a réclamé non seulement une accélération dans l’élaboration d’un Remuneration Regulation de la part du National Remuneration Board pour le secteur de l’éducation spécialisée des enfants souffrant d’un handicap, mais elle a également insisté sur la nécessité de la création d’une instance de régulation dans ce contexte.
« Nous avons démontré au ministre Callichurn l’impérieuse nécessité de mettre sur pied une instance de régulation (Special Educational Needs Schools Authority), à l’instar de la Private Secondary Schools Authority (PSSA) qui réglemente le secteur des collèges », a déclaré la présidente de la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP), Jane Ragoo. La Private Enterprises Employees Union (PEEU), qui représente les employés des écoles spécialisées dans l’éducation des enfants handicapés, est affiliée à cette confédération syndicale. « Un Policy & Strategy Paper, intitulé “Special Education Needs and Inclusive Education in Mauritius” a certes réclamé, en 2006, un cadre régulateur pour le secteur des enfants handicapés. Mais cela ne concernait que le respect des droits de ces enfants (voir encadré) et des infrastructures dans lesquelles ils sont appelés à travailler. On oublie malheureusement que pour que le bien-être de ces enfants soit assuré, il faut d’abord que les autorités se préoccupent des salaires et autres conditions d’emploi de ceux qui s’occupent d’eux », élabore la syndicaliste. Jane Ragoo, elle, ajoute : « Il y a des unités spécialisées qui fonctionnent au sein des écoles “mainstream” du gouvernement et des écoles spécialisées dirigées par les ONG. Il y a actuellement environ 500 personnes qui travaillent dans le privé et dont le salaire et conditions de travail demandent à être revus. »
Notre interlocutrice se félicite que le gouvernement ait récemment pris la décision de rehausser le salaire de ces employés du privé à environ Rs 8 400. Elle ajoute qu’elle a plaidé néanmoins auprès du ministre Callichurn « pour que ces employés accèdent à une formation appropriée et que leur travail soit reconnu et valorisé ». Jane Ragoo déclare : « Dans l’état actuel des choses, il y a certes de nombreuses ONG qui font un excellent travail et qui font de leur mieux pour respecter la dignité de leurs employés. Malheureusement, comme dans tous les secteurs d’activités socio-économiques, il y a aussi des brebis galeuses, qui exploitent et violent des droits fondamentaux de leurs employés travaillant avec leur coeur pour apporter un peu de réconfort dans le quotidien des enfants dont ils ont la charge. » La syndicaliste cite, à cet effet, les déductions des cotisations du National Pension Fund que certains de ces employeurs font des salaires de leurs employés. « Jusqu’aux 6 % qu’ils sont supposés devoir payer de leur poche », s’indigne-t-elle.
« C’est pour toutes ces raisons que nous réclamons l’institution d’une instance de régulation pour ce secteur », déclare Jane Ragoo, avant de préciser : « Nous nous réjouissons que le ministre se soit assuré que le National Remuneration Board s’active à élaborer une Remuneration Regulation pour ce secteur. Mais ne l’oublions pas, le respect des droits de ces enfants vulnérables passe avant tout par le respect des droits de ceux qui s’occupent d’eux. »