Entraîneur national de lutte, Antonio Deux Novembre se trouve actuellement sous le coup d’une suspension. Cette suspension jusqu’à nouvel ordre fait suite à des doléances de cinq jeunes lutteurs de 13 à 15 ans, dont deux éléments féminins, ayant participé du 7 au 14 décembre derniers à trois compétitions, dont le Tournoi de Noël à l’île de la Réunion, et de leurs parents. De ce fait, la fédération mauricienne de lutte amateur (FMLA) a pris la décision d’instituer une enquête au cours de cette semaine, et de tenir une table ronde avec les parties concernées la semaine prochaine.
La lettre de suspension émise le 22 décembre dernier fait état de «négligence et de manque de responsabilité» d’Antonio Deux Novembre au cours de ce déplacement à l’île soeur. Il lui est ainsi reproché d’avoir mis les lutteurs sous pression afin qu’ils combattent, bien qu’ils étaient blessés, qu’ils ont été intimidés afin de ne pas rapporter ces faits à la fédération et qu’ils ont dû débourser la somme de Rs 200 pour renouveler leur licence pour la saison 2016. Au cas contraire, ils n’auraient pu effectuer le déplacement. Le rôle de Corinne Appadoo, épouse de l’entraîneur national et qui s’est rendue à la Réunion à ses propres frais, est également pointé du doigt. Elle aurait, selon les dires des lutteurs, adopté une approche négative avec des remarques désobligeantes à leur égard et les a affecté moralement sur leurs lieux de compétition et de résidence.
Reste qu’au retour de la délégation, Antonio Deux Novembre a soumis un rapport à la fédération dans lequel aucun incident n’est mentionné. Vu que les parents menaçaient alors de porter l’affaire devant les instances appropriées, la FMLA a pris la décision de prendre le taureau par les cornes. « Une enquête devra être établie, car ce sont des mineurs qui ont placés sous la responsabilité d’un seul dirigeant. Parmi les versions enregistrées jusqu’ici, la plus grave, à mon avis, demeure la somme de Rs 200 qui a été obtenue de chaque lutteur. Toutefois, nous attendons les versions officielles avant d’établir une table ronde », soutient Richard Papie, président de cette instance. Ce dernier souhaite que tout ce problème soit résolu d’ici la mi-janvier.
Contacté ce matin, Antonio Deux Novembre nie les faits qui lui sont reprochés. « Toutes ces accusations sont fausses et les dirigeants réunionnais peuvent témoigner en ma faveur. D’ailleurs, ils ont déjà expédié un courrier à la FMLA pour dénoncer le comportement des lutteurs. Quant à mon rapport, il concernait essentiellement la prestation des lutteurs. Mes reproches quant à leur prestation et leur comportement étaient justifiés, et cela les a frustré ». Il maintient également que Corinne Appadoo a adopté une « attitude positive » à leur égard, et que la somme de Rs 200 devait être remise pour le renouvèlement des licences avant la fin de cette année.