Les variétés de chips et de collations fabriquées par la compagnie LVM

Elle a été la grande gagnante du récent SME Excellence Award 2019. La compagnie LVM (Mauritius) Ltd a été sacrée pour son impressionnant parcours de 2004 à 2019, passant d’une micro-entreprise à une moyenne entreprise. Elle est spécialisée dans la fabrication de chips et d’autres collations aux différentes saveurs, notamment le fameux Miss Croq. Sise au cœur du village de La Laura, cette entreprise locale a été fondée et opère sous la direction de Danny Chan, un entrepreneur de 50 ans habitant Quatre-Bornes. Rencontre.

Danny Chan est originaire de Beau-Bassin. Après le primaire à l’école Philippe Rivalland, à Beau-Bassin, Danny a poursuivi ses études secondaires au collège St Andrews. Par la suite, il s’est inscrit à une formation en “mechanical engineering” au lycée de polytechnique. Les études complétées, Danny ne tarde pas à faire ses premiers pas dans le monde du travail.

Le directeur de LVM Mauritius Ltd Danny Chan dans son usine à La Laura

« Pour commencer, j’ai pris emploi comme vendeur dans une quincaillerie spécialisée dans la vente de foreuses. J’y ai travaillé pendant une dizaine d’années. Ensuite, j’ai travaillé dans une autre entreprise dans la capitale, spécialisée cette fois dans les pneus. Toutefois, je ne voulais plus travailler pour les autres. J’aspirais à ouvrir ma propre entreprise, mais je ne savais pas encore dans quel domaine », avance Danny.

Après beaucoup de réflexions, Danny décide de se lancer dans la fabrication de collations, comme les “baguet fromaz” et les “moolkoo”. « En quête d’idées pour mon commerce, je suis tombé sur un ami qui m’a proposé de me lancer dans l’alimentaire, secteur qui est souvent couronné de succès à Maurice. Je me suis dit “pourquoi ne pas essayer ?” », nous confie l’entrepreneur. Et d’ajouter que ses qualifications en “mechanical engineering” ne lui ont pas été d’une grande aide.

En revanche, ses expériences dans la vente ont été un atout dans la mise sur pied de son entreprise. « J’ai commencé à travailler et j’ai évolué dans la vente. Pour moi, peu importe le produit qu’on vend, l’expérience et les techniques professionnelles jouent un grand rôle. J’étais certain de pouvoir non seulement créer mon entreprise, mais aussi de pouvoir vendre mes produits », souligne-t-il.

En 2004, Danny fait ainsi ses premiers pas dans le secteur manufacturier. Il puise de ses économies pour monter son entreprise. Il a eu la chance d’être soutenu financièrement par ses parents. Pour ses débuts, il loue une petite maison à Saint-Pierre, où il fabrique notamment des baguettes au fromage, “moolkoo”, pistaches, “sev” et autres pop-corn. Il n’avait alors que cinq employés. « Nous avons commencé très petit.

À l’époque, je n’avais même pas acquis de machines. Toutes les étapes de préparation des collations étaient manuelles. On préparait les produits à la main et on les faisait frire dans de grandes “carailles”. Puisque notre investissement était limité, nous étions forcés de produire des collations locales. De plus, notre livraison était limitée à de petits revendeurs, comme les petites boutiques, les colporteurs ou les distributeurs », affirme Danny.

En 2007, le commerce est transféré dans un autre bâtiment, plus spacieux, à La Laura. Danny raconte qu’il avait loué un bâtiment de 5 000 pieds carrés et qu’il a profité de cette occasion pour agrandir son commerce. Il commence alors par investir dans les machines automatisées, lui permettant ainsi de se lancer dans la production industrielle. « Je me suis rendu en Chine et j’ai acheté mes premières machines, qui m’ont permis de produire des chips. C’est ainsi que les chips Miss Croq sont arrivés sur le marché local. Miss Croq est notre produit phare. Cela nous a pris un an pour le mettre en place, car il fallait aussi proposer des emballages modernes qui allaient attirer les clients. Au cours de ma carrière, j’ai réalisé que les clients sont plus attirés par les beaux emballages que par le produit lui-même. Les Mauriciens ont tendance à croire que les produits importés sont de meilleure qualité et ont un meilleur goût que les produits locaux. Donc, outre la qualité de nos produits, il fallait aussi prendre en considération l’emballage pour donner à notre produit le look d’un produit étranger. Nous travaillons avec un fournisseur européen pour la production des chips. Il en fabrique selon notre recette et notre demande », dit notre interlocuteur.

Grâce aux chips Miss Croq, un produit local aux normes européennes, Danny a pu intégrer les supermarchés et grandes surfaces, et a commencé à savourer le succès. Mais en 2009, un drame se produit, qui force Danny à prendre du recul. « En 2009, le bâtiment que j’avais loué a pris feu et a été entièrement ravagé par les flammes. Mon commerce est tombé à l’eau. Nous n’avons plus été opérationnels pendant longtemps. Mais je ne me suis pas laissé décourager. J’étais encore très jeune et je me suis dit que je pouvais tout recommencer. Alors, j’ai fait l’acquisition d’un grand terrain, toujours à La Laura, où j’ai monté un grand bâtiment, comprenant une usine très spacieuse, qui répond à toutes les normes de sécurité. J’ai ensuite fait venir de nouvelles machines et j’ai tout recommencé à zéro. Pendant les dix années que nous étions inactifs, les consommateurs avaient déjà oublié notre produit. Donc, il fallait conquérir à nouveau le marché local », explique l’entrepreneur.

Malgré ce nouveau départ difficile, LVM (Mauritius) Ltd est parvenue à retrouver sa place sur le marché local et, surtout, dans le cœur des Mauriciens. Les Miss Croq sont devenus l’une des collations préférées des Mauriciens. Au fil des années, la compagnie locale continue à évoluer et propose une variété de collations aux consommateurs, comme le Sipeck, le Banana Croq, le PopCorn, le Chummy’s, le Potato Croq, le Grignotos, le Baton Fromage, le Moolkoo, le Sev Special, les Ti Pois et les cacahuètes, tous commercialisés sous la marque Pluie d’ORÉE. LVM (Mauritius) Ltd emploie aujourd’hui une quarantaine d’employés. Tous les produits de cette compagnie sont disponibles dans les supermarchés et grandes surfaces.

Interrogé sur la suite de son parcours, Danny explique qu’il compte agrandir davantage son commerce en investissant plus dans les machines. « Je dois faire venir des machines plus sophistiquées pour booster la production. Nous projetons d’introduire de nouveaux produits, comme des collations à base de lentilles et de céréales. Autrefois, les chips et autres collations étaient à base de pommes de terre et de maïs seulement. Mais l’industrie innove et je souhaite introduire ces produits à Maurice. Nous travaillons actuellement sur ce projet », dit Danny.

Par ailleurs, l’entrepreneur compte se lancer dans la culture hydroponique, car il bénéficie toujours d’une grande superficie sur le terrain qu’il a acquis. « Je vais cultiver des légumes hydroponiques, que je vais vendre sur le marché. C’est un projet que je réaliserai en parallèle avec mon commerce de chips et de collations », termine-t-il.