Roshi Bhadain, sur le point de mériter le nom de M. Anti-Metro (MAM), est passé à la vitesse supérieure après la présentation officielle du projet par le gouvernement, lundi dernier. Ayant soumis sa démission de l’Assemblée nationale en raison de son désaccord avec les risques que comportent ces investissements massifs, le leader du Reform Party a remis en cause les chiffres avancés officiellement en soulignant que le coût réel de ce projet est de Rs 27 milliards et non Rs 18,8 milliards. Intervenant lors d’une réunion politique, mercredi, à Quatre-Bornes, il a décortiqué le Metro Express à sa façon.
Capacité : le chiffre de
53 800, représentant le nombre de passagers, est contesté. Il note qu’avec dix trains à chaque heure aux heures de pointe, soit de 6 h à 9 h, le nombre de passagers est de 9 210, et le même raisonnement pour la Peak Period de l’après-midi, soit 8 000 passagers. « Si on ajoute le nombre de passagers du matin et celui de l’après-midi, ça n’équivaut qu’à 17 210 passagers quotidiennement durant les peak hours, et ce si les trains sont remplis », dira-t-il avec le besoin de transporter 36 590 aux heures creuses. « Kotsa zot pou gagn sa ? » lancera-t-il.
Coût du projet : le leader du Reform Party ne digère pas le chiffre de Rs 18,8 milliards. « Ce projet coûtera beaucoup plus que cela. Aux Rs 18,8 milliards, il faudra ajouter les fees des consultants et du Design. Qui assurera le paiement des intérêts de 1,8% à l’Inde, soit autour de Rs 2,3 milliards ? Les risques de change existent vu que le prêt a été contracté en dollars US. Cela coûtera Rs 3 milliards. Se Rs 18,8 miyar ar ki pe pey Larsen and Toubro, me avek tou sa bann lezot fre-la, li pou fer Rs 27 miyar», affirme-t-il.
Modèle financier d’Édimbourg : Roshi Bhadain déclare que ce modèle n’est pas applicable à Maurice. « Le record enregistré de passagers utilisant le tram à Édimbourg, par jour, est de 28 000, alors qu’il y a des festivals de renoms et des matches de rugby, entre autres, là bas. En un an, cela équivaut à 5 millions de passagers », dira-t-il en rappelant que 35 minutes sont nécessaires pour couvrir les 14 kilomètres du trajet dans cette métropole écossaise. Il ne manquera pas de commenter les risques à la sécurité, représentés par le tram, pour les usagers de la route, notamment les cyclistes.
Connexion L & T et MSM : le leader du Reform Party relève une coïncidence à l’effet qu’à chaque fois que le MSM est au pouvoir, Larsen & Toubro décroche de gros contrats à Maurice. Dans le passé, il y avait le cas du Swami Vivekananda International Convention Centre à Pailles et la CyberTower. « A la signature du contrat, le gouvernement s’est assuré d’un coût fixe de Rs 18,8 milliards. Tout autre problème relèvera de la responsabilité de la compagnie, Qu’en est-il des tests géologiques sur le trajet ? Rien. Le gouvernement n’a pas appris sa leçon avec le tout-à-l’égout. Saki pou arive, Larsen and Toubro pou fer so travay, pou fer factir, lerla kan ariv Rs 18,8 miyar, li pou aret la mem. Lerla pa pou kone ki pou fer, tini pei an sispan », s’insurge-t-il.
Emplois : le chiffre de 7 000 emplois est contesté. « Inn dir dan presantasion ki 913 anploy direk pou kre e enn parti travayer l’Inde ladan. Mo pa trouve ki travay bann ‘gradués-chômeurs’ pou gagne laba mwa », lance-t-il.
Lors de son exposé, le leader du Reform Party a pris pour cible le ministre de l’Infrastructure publique Nando Bodha et également le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval. Il a accusé son ancien allié à l’Assemblée nationale d’avoir eu le temps de venir de l’avant avec une Private Notice Question sur Rodrigues, mais rien sur le projet Metro Express. M. Anti-Metro se dit inquiet pour le pays, car « le contrat a été signé et qu’on ne peut plus faire marche arrière ».