Ma confession… aux politiciens

J'ai une confession à vous faire. Je suis une chienne. Et femelle de surcroît. Il est légitime de dire que je ne suis pas grand-chose. Ainsi, les foutus moutons, qui sont loin d’être des génies, comme on le sait, n'ont pas la moindre considération pour moi. Ne parlons pas des hommes. Ils me méprisent. Mais je n'en fais pas grand cas. J'ai ma dignité, moi. Je suis honorable, moi. Je suis une chienne qui se respecte. Il est vrai que j'adore aboyer mais j’obéis, en ce faisant, à mon instinct. D'autres m'accusent d'avoir une vie sexuelle débridée mais il vous suffit d'observer les frasques des hommes pour savoir qu'il n'en est rien. Je ne suis pas une sainte mais j'en sais plus sur la vertu que les hommes.
Mais l'objet de cette lettre n'est pas de philosopher sur la condition des chiennes. Je vous écris pour vous dire (et aboyer), haut et fort, que je suis scandalisée par ces politiciens qui nous insultent. Non mais quel culot ! J'ai beau être une chienne mais contrairement à vous, chers politiciens, je ne suis pas corrompue, je ne suis pas un lécheur de bottes, je ne berne pas le peuple, je ne me vante pas, je ne suis pas un quasi-psychopathe, je ne suis pas une hypocrite, je n'ai pas une grande gueule, je ne suis pas arrogante, je ne me crois pas immortelle, je ne propulse pas ma maîtresse ou mon amant à un poste important, je n'aime pas l'argent, je n'adore pas le pouvoir, je ne suis pas grossier, je ne crois pas que mon nombril est le centre de l'univers, je ne baise pas les mains de mes ennemis devenus amis, je ne prêche pas la haine, je ne suis pas un idiot qui se croit intelligent, je ne promets pas l'impossible, je ne suis pas le valet des riches tout en disant servir les pauvres, je ne suis pas une menteuse, je ne suis pas un mégalomane, je ne suis pas maniaque, je ne suis pas méchante, je ne tente pas de détruire tout ce qui s'oppose à moi, je ne massacre pas les langues que je crois maîtriser et je n'insulte pas mon prochain. Vous êtes, en d'autres mots, des créatures sans la moindre dignité et sans le moindre honneur. Il est vrai que je ne suis pas intelligente, je suis un être instinctif, je n'ai pas un bien grand titre, je n'en ai aucun à vrai dire, personne ne ricane comme des singes lors de mes discours, personne ne se prosterne à mes pieds, mais j'ai ma dignité et je suis respectable. Je connais le sens de la fidélité, je ne trahis personne et je défends, avec acharnement, mon maître ou ma maîtresse. Peut-on en dire de même de vous ? Malheureusement non. Pourriez-vous donc, je vous prie, cesser de m'insulter ? Apprenez à respecter la chienne femelle. La prochaine fois que vous en rencontrerez une, prenez le temps de lui parler, elle vous apprendra de belles choses sur la vie, peut-être pas la sagesse, mais la beauté de l’humilité ou la quête de la paix intérieure loin de toute pourriture, de votre pourriture. Sur ce, je vous salue, chers amis politichiens (désolé pour ce faux ‘lapsus’ révélateur).