Les supplices subis par la petite Anna-Julia, âgée de huit mois, entre les mains du concubin de sa mère mercredi dernier ne devraient laisser personne insensible. Anna-Julia, qui a été admise à l’hôpital Jeetoo depuis samedi, a succombé à ses graves blessures hier matin. L’autopsie pratiquée dans la journée par le Principal Police Medical Officer, le Dr Maxwell Monvoisin, devait attribuer le décès à une fracture du crâne. L’affaire a été référée au central CID à des fins d’enquête. Vingt-quatre heures après, la mère, Natasha Winnie Mootoo, 23 ans, habitant Cité Roche-Bois, et son concubin, Steven Robertson, 27 ans, ont été appréhendés et inculpés provisoirement du meurtre du bébé à l’avant-veille de Noël. La jeune maman est passée aux aveux alors que le concubin a fait prévaloir son droit au silence pour l’instant, n’acceptant de répondre aux questions des enquêteurs qu’en présence de son homme de loi.
À la mi-journée, Marie Natasha Winnie Mootoo et Steven Robertson ont été reconduits en cellule policière pour les besoins d’enquête. En allant faire admettre son bébé à l’hôpital Jeetoo, la mère avait dû mentir aux médecins pour expliquer et justifier les graves blessures relevées sur le corps de la petite Anna-Julia. Elle a soutenu que cette dernière avait « fait une chute », d’où les blessures à la tête et aux pieds principalement.
Mais une fracture du crâne ayant été relevée comme cause du décès hier matin, la pression était devenue impossible pour la maman, qui a été placée en détention policière. Pressée de questions quant aux circonstances du drame, elle devait cracher le morceau en confirmant que les blessures ne relevaient pas d’une chute accidentelle mais résultaient d’un acte d’agression délibéré commis par son compagnon depuis mercredi dernier.
Dans sa version des faits, Natasha Winnie Mootoo soutient que la petite Anna-Julia, qui n’a pas été déclarée à l’état civil depuis sa naissance, avait été laissée sous la responsabilité de Steven Robertson en fin de matinée mercredi dernier. Vers 11 h ce jour-là, cette mère de famille était partie à la boutique, laissant son bébé sous les soins de son compagnon.
Mais à son retour, soit une dizaine de minutes plus tard, elle devait constater qu’Anna-Julia portait des blessures à la tête, en l’occurrence une bosse, ainsi que des traces de brûlures de cigarettes sur le corps. Le pied droit du bébé était également enflé. Elle n’avait pas décidé de transporter son enfant à l’hôpital pour des soins parce qu’elle n’en avait pas les moyens. Elle devait dès lors solliciter l’assistance de Steven Robertson, qui a refusé catégoriquement.
Entre-temps, l’état de santé de la fillette a commencé à se détériorer. C’est finalement sur l’insistance de sa belle-soeur qu’elle devait décider de se rendre à l’hôpital le week-end dernier pour son admission. Anna-Julia, nouvelle petite victime de maltraitances infantiles, ne devait pas survivre à ses graves blessures hier. L’enquête policière se poursuit.