MAM — ELIZIER FRANÇOIS : « Le projet Metro Express n'est ni rentable ni viable »

Elizier François, président du Mouvement Authentique Mauricien (MAM), a affirmé hier que le projet Metro Express « n'est ni viable ni rentable ». Selon lui, il faudra à l'avenir augmenter le coût du trajet ou abandonner le projet, « parce qu'il n'y aura pas suffisamment de passagers pendant la journée ».

« Je ne vois pas de quelle manière le projet Metro Express absorbera les employés de l'industrie du transport », a mis en perspective Elizier François, président de MAM, hier lors d'une conférence de presse. « Le gouvernement aurait dû aider financièrement les compagnies d'autobus existantes pour qu'elles puissent améliorer leurs services et renouveler leur flotte d'autobus », estime-t-il, avant de citer la compagnie Rose-Hill Transport comme exemple. Elizier François a vivement critiqué l'attitude des autorités, qui « ne croient pas utile de prêter une oreille attentive à la voix du peuple » avant d'aller de l'avant avec le projet de Metro Express. « C'est une attitude arrogante », relève-t-il.
Elizier François assure comprendre l'inquiétude des habitants de La Butte et d'autres endroits devant déménager en raison du démarrage des travaux. « Je les comprends parfaitement, car j'ai vécu la même situation lorsque nous étions contraints de quitter notre maison aux Salines. Le gouvernement d'alors nous avait demandé de quitter notre habitation en 72 heures quelques mois après le décès de mon père. Nous dormions à la belle étoile, nous ne savions plus ce qu'il fallait faire avec nos animaux. Heureusement que nous avions de bons voisins qui nous avaient aidés », se souvient le président du MAM. « Le gouvernement aurait dû négocier depuis bien longtemps avec les personnes concernées et leur offrir une compensation bien éméchée avant de prendre leurs terrains ». Le métro, dit-il, aura « de graves répercussions sur la vie » des Mauriciens. « Li pou kre plis problem », prévient-il.
En ce qui concerne la commission d'enquête sur la drogue, présidée par l'ancien chef juge Paul Lam Shang Leen, Eliezer François s'est dit « intrigué » de découvrir, à travers les journaux, ce qui se passe devant la commission. « Li bon ki Premye minis inn dir ki li pou al depoze. Bann revelasion bien grav. Bizin disek bann rapor-la ! »  
Pour ce qui est du financement des partis politiques, le président du MAM soutient que chaque parti doit créer ses propres fonds. « Malgré les lois qui existent, il n'y a aucun moyen de contrôler les bailleurs de fonds qui financent les différents partis. » Elizier François n'a pas non plus été tendre envers Paul Bérenger qui, selon lui, réclame à chaque fois des élections générales anticipées. « Il faut laisser le gouvernement jusqu'à la fin de son mandat, en 2019. Il passe son temps à induire la population en erreur ! »
Évoquant la pollution sonore, Elizier François a sévèrement critiqué la police de Grand-Baie et la police de l'Environnement, qui n'ont pas réagi malgré de nombreuses plaintes contre le propriétaire d'une maison de Pereybère, qui aurait pris l'habitude de jouer de la musique à fond jusqu'aux petites heures du matin les samedis et, même, les jours de semaine. Il s'est dit d'accord avec la démarche du ministre Soodhun, qui était allé consigner une déposition à la police pour dénoncer le propriétaire d'une maison. « Je ne suis pas d'accord avec lui sur plusieurs points, mais je suis d'accord avec sa prise de position concernant la pollution sonore. »
Elizier François n'a pas mâché ses mots à l'encontre de Rashid Imrith, président de la fédération des syndicats du secteur public, qui demande au gouvernement de ne pas imposer de “fixed penalty” de Rs 500 mais d'accorder des “inventives” aux propriétaires de taxis et vans véhiculant des employés sur leur lieu de travail. « Il a tort. Il faut le faire, il y a trop de taxis dans tous les coins de rue à Port-Louis. Inn arriv ler pou kontrol ek met lord ! »