Pour son style, sa création et son approche musicale offrant une expérience sonore incomparable, Neshen Teeroovengadum est un guitariste respecté. Aucune surprise donc que cet autodidacte se retrouve parmi les invités de cette troisième édition de Mama Jaz. Il présentera plusieurs morceaux d’un nouvel album. Rendez-vous avec son quartet, le dimanche 8 avril à partir de 18h à Audi Zentrum, Réduit.

Guitariste, auteur et compositeur de talent, Neshen Teeroovengadum est connu et apprécié pour être porteur d’un nouveau son. C’est dans cet esprit qu’il a imaginé le répertoire de son concert prévu dans le cadre du festival Mama Jaz, le dimanche 8 avril.

Bercé par plusieurs courants musicaux, Neshen a su créer sa propre signature où prime le métissage. “J’ai toujours été inspiré pour proposer une musique mauricienne. Je crois en la force de la musique métissée et je la défendrai toujours. C’est un son qui interpelle. Nous avons des traits rares ici qui sont inexplicables. À mon avis, trop d’artistes font des choses chacun de leur côté. Sans prétention, je pense être le médiateur de tous ces styles et talents.”

 Nouvelles compositions.

Fidèle à son habitude, le musicien est impatient de retrouver le public pour partager ou faire redécouvrir son univers sonore, où se mêlent plusieurs styles, dans une approche assez exotique du jazz traditionnel. Il annonce plusieurs nouvelles créations ainsi qu’un hommage au jazz traditionnel, avec une sélection de quelques vieux standards. “J’aurais pu faire la même chose car ce n’est qu’une fois par an que je joue mon répertoire devant un public. Néanmoins, j’ai voulu proposer autre chose pour cette troisième participation à Mama Jaz. J’ai décidé d’enregistrer une partie de ce concert pour le mettre sur mon nouvel album, qui sortira bientôt. Vous aurez donc un aperçu de mes nouvelles compositions, faites avec Menwar, Caroline Jodun et Jason Lily.”

C’est en quartet que Neshen Teeroovengadum débarquera à Audi Zentrum. Il sera accompagné des musiciens suivants : Christophe Bertin (batterie), Jocelyn Armandine (clavier) et Alain Alfred (basse).

De rock à jazz.

À 51 ans, le guitariste conserve la même passion qu’à ses débuts, en 1985. “J’ai toujours fait les choses par moi, sans rien attendre du retour du public. J’ai tout fait dans l’ombre. Soyons honnêtes et francs : à Maurice, il y a un petit public pour ce genre musical.” Hormis la passion, il y a aussi l’envie et l’amour qui l’ont amené à persévérer dans cet univers. Sa récompense vient lorsqu’il constate que la musique peut rendre quelqu’un bien ou lui procurer des émotions.

Neshen a à peine 8 ans lorsqu’il s’est mis à gratter les cordes d’une guitare. Initié par ses frères, il ne tarde pas à voler de ses propres ailes. De rock band à musicien d’hôtel, toutes les occasions sont bonnes pour explorer son instrument fétiche. Il découvre le jazz à travers les morceaux de Georges Benson. “C’était la première fois que j’entendais une personne jouer aussi bien de la guitare. Je ne pensais pas que c’était faisable. J’ai tout de suite eu envie de connaître un peu plus sur ce style de musique, en écoutant d’autres morceaux. Parallèlement, j’ai eu la chance de faire la rencontre d’Ernest Wiehe. Je n’ai pas vu le temps passer…”

Macondé, Lapli

Des spectacles, des festivals, de nombreuses collaborations, sans compter son album Macondé en 2008 et le single Lapli avec Caroline Jodun, en 2014 : Neshen Teeroovengadum peut dire qu’il a une bonne connaissance du jazz, et qu’il a surtout su le mélanger au rythme local. Mais le musicien ne peut cacher une certaine frustration. “Je suis une personne qui a joué beaucoup de musique, mais qui est un peu triste face à la réaction des gens vis-à-vis d’une musique commerciale. Nous sommes nombreux à nous donner à fond sans attendre de récompense, mais au bout de compte, nous n’avons rien. Trente-trois ans à faire de la musique et à en vivre, ce n’est pas rien. Mais il m’arrive de me demander si j’ai réellement servi à quelque chose.” Il ne désespère cependant pas, surtout lorsqu’il rencontre la nouvelle génération, plus ouverte à tous les styles de musique.

Rendez-vous ce dimanche 8 avril pour un grand moment de jazz avec ce compositeur et instrumentiste, qui est convaincu que “cet événement est capable d’exploser comme jamais auparavant. Mama Jaz a grandi, il peut arriver au niveau international”.