Dès la genèse du projet, l’objectif de Gavin Poonoosamy et de Jerry Léonide, les cofondateurs de Mama Jaz, était d’en faire une manifestation sur le long terme. Cette troisième édition, prévue du 1er avril au 1er mai 2018, vient confirmer leur détermination à offrir une plate-forme d’échange autour de la musique et du jazz. D’abord en poursuivant leur engagement dans la diversité musicale, et surtout dans un nouvel élan à mettre davantage le génie créatif mauricien au cœur de cet événement.

A.R-M.

Pour permettre la suite du festival Mama Jaz, les organisateurs ont choisi, cette année, avec sa troisième édition, de marquer le coup par “une action franche et simplifiée mais ayant un impact conséquent”, précise Gavin Poonoosamy. La confiance est montée en grade après avoir reçu les encouragements et félicitations du pianiste américain Herbie Hancock, nommé Ambassadeur de bonne volonté de l’Unesco en 2012, et dont la première décision avait été celle de déclarer le 30 avril Journée international du jazz.

Après avoir “été considéré comme le seul à proposer un mois de festival consacré au jazz dans l’hémisphère Sud lors de sa deuxième édition”, le festival Mama Jaz est déterminé à faire la promotion du jazz sur le territoire mauricien. L’idée de base ne change pas : transmettre et valoriser la musique. Cependant, pour s’imposer, il était nécessaire d’une restructuration et d’une remise en question afin “d’être plus efficace sur le long terme. Sans quitter le jazz, nous souhaitons maintenant honorer la musique plus globalement”, confie Gavin Poonoosamy.

En effet, chaque festival célèbre la musique à sa façon. Avec cette troisième édition, Mama Jaz tenait absolument à se positionner dans une forme axée sur la diversité, l’originalité et l’authenticité. Le public a rendez-vous du 1er avril au 1er mai 2018 pour découvrir ce nouvel état d’esprit à travers une programmation plus condensée.

Un seul lieu, cinq grands concerts, et un forum pour clore le festival. Quant aux ateliers, ils sont en mode pause afin de trouver une formule plus attrayante. Aucune soirée musicale gratuite n’est programmée cette année. “Sans prétention, nous visons très loin : nous placer parmi les meilleurs festivals. Et si le public est prêt à payer pour voir un artiste étranger, il faut avoir la même démarche avec les talents locaux”, souligne Gavin Poonoosamy.

Il ne reste plus donc qu’à se laisser porter par cette troisième édition de Mama Jaz et découvrir le résultat de ses réajustements.


Inner Dimensions ouvre les festivités

La tâche d’ouvrir les festivités, le 1er avril à partir de 18h, revient aux Inner Dimensions, les seuls artistes étrangers de ce Mama Jaz 2018. Ce septet, composé de membres venant d’Afrique du Sud, d’Autriche et de Suisse, en est à sa première représentation à Maurice. Ce n’est pas le cas de son pianiste Nduduzo Makhathini, que les Mauriciens ont eu l’occasion de découvrir en 2015 lors de Blues dan Jazz. Grâce à son talent, son génie très expressif et sa popularité qui monte en flèche, le Sud-Africain ne manquera pas d’embarquer l’assistance dans un voyage spectaculaire. Outre son énergie débordant et son amour de la musique, Nduduzo Makhathini présentera ses dernières compositions puissantes inspirées des traditions africaines, qui ont permis à l’opus d’Inner Dimensions d’être primé Meilleur album Jazz 2017 en Afrique du Sud. De quoi garantir une immersion fascinante et singulière dans ce courant musical.

Sur la scène de l’Audi Zentrum à Réduit, il sera entouré des musiciens suivants : Ayanda Sikade à la batterie, Fabien Iannone à la basse, Dominic Landolf au saxophone. Les chœurs sont assurés par sa compagne Onomagugu Makhathini, et par Anna Widauer et Xolani Sithole.

Le billet d’entrée est à Rs 500 par personne, en vente dans le réseau Otayo.